Le rapport demande de faire de la Snanc la stratégie commune, pour coordonner les actions, agir sur l’environnement alimentaire et mieux mesurer les résultats.
Constat : Les politiques publiques sur l’alimentation existent (PNA, PNNS et de nombreux plans liés à la santé, l’agriculture, le climat, la pauvreté, le gaspillage), mais elles manquent d’un cap unique et d’une gouvernance solide. L’ensemble est peu lisible, parfois redondant, et insuffisamment piloté au niveau politique. Les actions prévues sont incomplètement réalisées (environ 10 % réalisées) et l’évaluation est trop faible, faute de données récentes, d’indicateurs clairs et de suivi régulier. L’action publique repose trop sur l’information et le changement de comportements individuels, alors que l’environnement alimentaire (prix, publicité, promotions, offre disponible, restauration collective) pousse souvent dans le sens inverse.
Problème : Sans stratégie “chapeau” réellement opérationnelle et sans alignement entre santé, agriculture, climat et social, les politiques peuvent se contredire, perdre en efficacité et creuser les inégalités. On demande beaucoup aux individus (manger mieux) alors que les contraintes de prix, de marketing et d’offre rendent les choix favorables à la santé difficiles, surtout pour les ménages modestes. Le manque de pilotage par les résultats empêche de savoir ce qui marche, de corriger rapidement et de rendre des comptes, ce qui fragilise la confiance.
Blocages :
Leviers :
Alimentation : trop de plans, pas de cap commun — faire de la Snanc la stratégie de référence
Le problème : L’État dispose de nombreux programmes liés à l’alimentation (nutrition, agriculture, climat, environnement, social), mais ils manquent d’un cadre unique et lisible. La coordination est insuffisante, les dispositifs sont complexes, et l’action publique mise trop sur le changement de comportements individuels plutôt que sur l’environnement alimentaire (prix, publicité, offre, cantine, étiquetage). Résultat : des politiques parfois contradictoires et des progrès jugés fragiles, avec une évaluation trop faible.
Pourquoi c’est important : L’alimentation relie directement santé, climat, biodiversité, revenus agricoles, prix pour les ménages et souveraineté alimentaire. Sans alignement, les mesures peuvent se neutraliser ou produire des effets pervers (plus d’importations, fragilisation des filières, inégalités d’accès). Un cap commun est nécessaire pour rendre l’action publique compréhensible, efficace et redevable.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Aujourd’hui, l’État a plusieurs programmes et plans qui parlent d’alimentation.
Il y a des textes sur la nutrition et la santé.
Il y a des textes sur l’agriculture et l’alimentation.
Il y a aussi des plans sur le climat, l’environnement, les pesticides, le bio, la pauvreté, le gaspillage.
Le rapport dit que tout cela manque d’un cap unique.
Il manque un cadre commun qui relie clairement toute la chaîne.
De la ferme jusqu’à l’assiette.
Ce cadre commun existe sur le papier.
C’est la Stratégie nationale alimentation–nutrition–climat (Snanc).
Le rapport demande de la confirmer comme stratégie “chapeau”.
C’est-à-dire la référence au-dessus des autres programmes.
Le rapport constate aussi que les programmes actuels sont difficiles à lire.
Ils sont peu compréhensibles pour le public.
Et même pour les acteurs qui doivent les appliquer.
Il constate enfin que les résultats ne sont pas à la hauteur.
Malgré plus de 20 ans de politiques nutrition et alimentation.
Les progrès restent fragiles.
Et l’évaluation est insuffisante.
---
### Pourquoi c’est un problème
Sans cap unique, chaque politique avance dans son couloir.
Chacun a ses priorités.
Santé d’un côté.
Agriculture de l’autre.
Climat ailleurs.
Social encore ailleurs.
Mais l’alimentation mélange tout.
Ce que l’on produit influence ce que l’on mange.
Ce que l’on mange influence la santé.
La façon de produire influence le climat et la biodiversité.
Les prix influencent l’accès à une alimentation correcte.
Donc si les politiques ne sont pas alignées, elles peuvent se contredire.
Exemple simple.
On peut encourager à manger plus de protéines végétales.
Mais si on n’aide pas assez les agriculteurs à en produire en France, on importera plus.
On perd en souveraineté alimentaire.
Et on peut importer des produits moins bien-disants.
Autre exemple.
On peut dire “mangez moins de viande rouge” pour la santé et le climat.
Mais si on ne prévoit pas en même temps un accompagnement des éleveurs, on fragilise des exploitations.
Et on risque de remplacer la production française par des importations.
Le rapport dit aussi que l’action publique mise trop sur “changer les comportements”.
On dit aux gens quoi faire.
Mais on agit moins sur “l’environnement alimentaire”.
C’est-à-dire ce qui pousse concrètement à acheter et manger.
Les prix.
La publicité.
La qualité des produits disponibles.
La place des produits ultra-transformés.
L’offre en cantine.
L’étiquetage.
Résultat.
On demande beaucoup aux individus.
Mais on change trop peu le système autour d’eux.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
**1) Une gouvernance trop éclatée**
Le rapport décrit deux programmes (PNA et PNNS) avec des pilotages séparés.
La coordination se fait surtout “au fil de l’eau”.
Par échanges entre services.
Ce n’est pas assez solide pour piloter un sujet aussi transversal.
Il faut une gouvernance commune.
Avec des décisions claires.
Et un pilotage politique fort.
**2) Une architecture trop compliquée**
Trop de plans.
Trop de dispositifs.
Des actions qui se doublonnent.
Des frontières floues entre “stratégie” et “actions concrètes”.
Le rapport demande de répartir clairement les rôles.
La Snanc fixe la direction.
Les programmes (PNA, PNNS) mettent en œuvre.
Et chacun doit avoir des priorités nettes.
**3) Un manque de moyens et de planification opérationnelle**
Le rapport demande d’identifier les ressources humaines et budgétaires nécessaires.
Parce qu’une stratégie sans moyens devient un affichage.
**4) Une faiblesse du suivi et de l’évaluation**
Le rapport insiste sur le manque de données fiables et régulières.
Sans indicateurs, on ne sait pas ce qui marche.
On ne sait pas ce qui doit être corrigé.
On ne peut pas rendre de comptes.
Il demande des indicateurs de réalisation et d’impact.
Avec des cibles.
Et une collecte organisée.
**5) Une difficulté à concilier des objectifs qui tirent parfois dans des sens différents**
Santé, climat, emploi, revenus agricoles, prix pour les ménages, souveraineté.
Tout est lié.
Mais l’État a du mal à arbitrer et à organiser les “co-bénéfices”.
Et à éviter les effets pervers.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
**Pour les citoyens**
On reçoit des messages multiples.
Parfois incohérents.
On ne sait plus ce qui est prioritaire.
On culpabilise plus facilement.
Surtout quand on a peu de moyens.
Et quand l’offre ne suit pas, les conseils restent théoriques.
Si les produits sains sont plus chers.
Si la publicité pousse vers d’autres produits.
Si la cantine ne change pas.
Alors les inégalités se creusent.
**Pour la santé publique**
Le rapport rappelle des coûts humains et financiers élevés liés à la malnutrition.
Cela inclut le surpoids et l’obésité.
Mais aussi d’autres formes de mauvaise alimentation.
Et cela touche plus durement certains groupes sociaux.
Sans stratégie claire et efficace, la prévention avance trop lentement.
Et le système de soins récupère les dégâts.
**Pour le climat et la biodiversité**
Le rapport rappelle que la chaîne alimentaire pèse lourd dans les émissions françaises.
Environ 22% des gaz à effet de serre.
Et elle pèse aussi sur la biodiversité.
Sans cap commun, on peut rater la transition.
Ou la faire de façon désordonnée.
Avec des mesures qui ne s’additionnent pas.
Ou qui se neutralisent.
**Pour l’agriculture et l’économie**
Sans cohérence entre production et consommation, on fragilise la souveraineté alimentaire.
On peut dépendre davantage des importations.
On peut déstabiliser des filières.
On peut rater le virage vers des pratiques plus durables, comme le bio, faute de soutien cohérent.
Le rapport signale aussi que certaines politiques de soutien sont peu ambitieuses.
Et que des aides peuvent être sous-utilisées ou réorientées.
Ce qui ralentit la transition.
**Pour les territoires**
Les Projets Alimentaires Territoriaux montrent une dynamique locale réelle.
Circuits courts.
Approvisionnement local.
Accès social à l’alimentation.
Éducation.
Mais sans cadre national clair, ces projets restent inégaux selon les régions.
Et leur financement peut être fragile.
Le rapport demande de sécuriser et d’évaluer ces projets.
Pour qu’ils deviennent un vrai levier, pas une addition d’initiatives isolées.
**Pour la confiance démocratique**
Quand il y a beaucoup de plans mais peu de résultats visibles, la confiance baisse.
Les gens ont l’impression que “ça communique” plus que “ça change”.
Le rapport met en garde contre des effets d’affichage décevants.
---
Au fond, le rapport dit une chose simple.
L’alimentation est un sujet unique.
Mais l’État la traite encore trop souvent en morceaux.
La Snanc doit devenir le cap commun.
Sinon, les politiques restent difficiles à comprendre.
Et elles restent trop faibles face aux enjeux de santé, de précarité et de climat.
Pages sources : 2, 4, 6, 8, 9, 18, 19, 20, 42, 71, 73, 74, 75, 76, 93, 94, 95, 101, 102, 103, 135, 148, 149, 236, 251, 252, 263, 303, 304, 305, 359
Alimentation et nutrition : deux programmes publics, une gouvernance trop dispersée
Le problème : Le PNA (alimentation) et le PNNS (nutrition-santé) fonctionnent avec des organisations séparées, une coordination souvent informelle, des doublons d’actions et un pilotage politique irrégulier. Le suivi est faible, les données sont insuffisantes et seule une petite part des actions prévues est réellement réalisée, ce qui rend l’ensemble peu lisible et moins efficace.
Pourquoi c’est important : Sans direction commune, responsabilités claires et évaluation solide, l’action publique risque de financer des mesures peu utiles, de laisser durer les blocages et de réduire l’impact sur la santé et les inégalités. Une gouvernance plus claire est nécessaire pour décider, prioriser, mesurer les résultats et agir sur l’environnement alimentaire (prix, publicité, offre, restauration collective), pas seulement sur les comportements individuels.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Il existe deux grands programmes publics sur l’alimentation et la nutrition.
Le PNA parle surtout d’alimentation au sens large.
Le PNNS parle surtout de nutrition et de santé.
Le rapport dit que ces deux programmes ne sont pas assez bien “tenus ensemble”.
Leur organisation globale est difficile à comprendre.
Leurs liens avec d’autres plans publics sont peu clairs.
Concrètement, le rapport observe plusieurs choses.
D’abord, chacun a sa propre organisation.
Chacun a ses propres instances.
Mais la coordination entre les deux se fait souvent “au feeling”.
Par des échanges entre services.
Sans cadre commun solide.
Ensuite, il y a des doublons.
Des actions très proches existent dans les deux programmes.
Par exemple sur la précarité alimentaire.
Sur l’information des consommateurs.
Sur l’offre alimentaire.
Sur l’éducation et la formation.
Cela rend l’ensemble moins lisible.
Le rapport note aussi un manque de pilotage politique régulier.
Des comités censés se réunir ne se réunissent pas.
Exemple marquant : le comité interministériel pour la santé ne s’est pas réuni depuis 2019.
Et le comité de pilotage interministériel du PNA ne s’est réuni qu’une fois depuis 2019.
Autre constat important : le suivi est faible.
Les bilans d’actions ne sont pas complets.
Ils ne sont pas bien hiérarchisés.
On ne sait pas toujours ce qui est prioritaire.
Et surtout, il manque des données à jour.
Donc on mesure mal les résultats.
On mesure mal l’impact réel sur la santé.
Et on mesure mal les coûts ou économies pour la collectivité.
Enfin, le rapport rappelle un fait simple.
Une petite partie des actions prévues est réellement réalisée.
Environ 10 % sont réalisées.
Beaucoup sont “en cours”.
Et une part non négligeable est partiellement faite ou pas faite.
Face à cela, le rapport recommande une gouvernance commune.
Une organisation “chapeau” plus claire.
Avec une stratégie nationale qui donne la direction.
Et des responsabilités mieux réparties.
Au niveau national et au niveau régional.
---
### Pourquoi c’est un problème
Quand “qui fait quoi” n’est pas clair, personne n’est pleinement responsable.
Chacun peut penser que l’autre s’en occupe.
Ou que ce n’est pas son rôle.
Les doublons coûtent cher.
Ils prennent du temps.
Ils mobilisent des équipes sur des tâches similaires.
Au lieu de renforcer ce qui manque.
Le manque de réunions politiques régulières est un signal fort.
Cela veut dire que le sujet n’est pas suivi au bon niveau.
Ou pas assez souvent.
Donc les blocages durent.
Les arbitrages ne sont pas rendus.
Les priorités changent au gré du contexte.
Le manque de suivi et de données pose un autre problème.
On ne sait pas ce qui marche.
On ne sait pas ce qui ne marche pas.
Donc on risque de financer des actions peu utiles.
Et de laisser de côté des actions plus efficaces.
Cela rend aussi l’action publique fragile face aux controverses.
Quand un sujet est disputé, il faut une ligne claire.
Il faut décider.
Sinon, on reporte.
Et on perd du temps sur des mesures importantes.
Enfin, si seulement une petite part des actions prévues est réalisée, il y a un écart entre les annonces et la réalité.
Cet écart abîme la confiance.
Et il réduit l’impact sur la santé et sur les inégalités.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Cela montre une difficulté classique de l’État.
Beaucoup d’acteurs.
Beaucoup de plans.
Beaucoup de documents.
Mais pas assez de direction unique.
Cela montre aussi un problème de continuité.
Les programmes durent plusieurs années.
Mais les priorités politiques peuvent bouger vite.
Les moyens peuvent diminuer.
Et les équipes sur le terrain doivent s’adapter en permanence.
Cela révèle un fonctionnement trop “en silos”.
La santé d’un côté.
L’agriculture de l’autre.
L’éducation de l’autre.
Le social de l’autre.
Alors que l’alimentation touche tout en même temps.
Cela montre aussi une limite de méthode.
On mise beaucoup sur les comportements individuels.
On dit aux gens “mangez mieux”.
Mais on agit moins sur ce qui entoure les choix.
Les prix.
La publicité.
La disponibilité des produits.
La qualité de l’offre.
La restauration collective.
C’est pourtant là que les effets peuvent être plus forts.
Enfin, cela met en évidence une faiblesse d’évaluation.
Sans indicateurs simples et suivis dans le temps, on pilote à l’aveugle.
On ne peut pas corriger rapidement.
On ne peut pas prouver l’utilité des dépenses.
Et on ne peut pas apprendre de ce qui a été tenté.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
Pour les citoyens, cela se traduit par des actions inégales selon les territoires.
Certaines régions sont bien organisées.
D’autres moins.
Donc l’accès à des actions utiles dépend du lieu où l’on vit.
Cela se traduit aussi par des messages publics parfois dispersés.
Plusieurs programmes.
Plusieurs logos.
Plusieurs campagnes.
Des priorités pas toujours lisibles.
Cela peut créer de la confusion.
Ou de la lassitude.
Pour les personnes les plus modestes, le risque est plus grand.
Car elles subissent davantage l’environnement alimentaire.
Prix élevés des produits de meilleure qualité.
Offre moins favorable dans certains quartiers.
Pression publicitaire.
Moins de marge de choix.
Si l’action publique est mal coordonnée, les inégalités se creusent.
Pour les enfants et les adolescents, l’enjeu est majeur.
Le rapport rappelle la hausse du surpoids et de l’obésité.
Si les actions sont dispersées, on perd en efficacité.
Or les habitudes se construisent tôt.
Et les conséquences durent longtemps.
Pour le système de santé, cela veut dire plus de maladies évitables.
Plus de diabète.
Plus de maladies cardiovasculaires.
Plus de complications liées à l’obésité.
Donc plus de dépenses.
Et plus de pression sur les soins.
Pour les collectivités et les associations, cela veut dire plus de complexité.
Beaucoup d’appels à projets.
Beaucoup de dossiers.
Des financements parfois courts.
Des règles différentes selon les dispositifs.
Cela prend du temps.
Et cela décourage.
Pour l’économie et l’environnement, cela peut aussi freiner la transition.
Car l’alimentation touche le climat, l’eau, les sols, la biodiversité.
Si la gouvernance est floue, on avance moins vite.
Et on peut même avoir des actions qui se contredisent.
Au final, la société paie deux fois.
Elle paie par l’impôt pour des actions mal pilotées.
Et elle paie par les conséquences sanitaires et sociales quand les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Pages sources : 5, 6, 7, 8, 9, 18, 19, 20, 21, 42, 54, 55, 56, 57, 59, 69, 70, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 105, 106, 109, 110, 111, 115, 116, 117, 118, 122, 125, 130, 133, 134, 135, 142, 143, 144, 145, 146, 148, 149, 162, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 186, 237, 238, 241, 242, 243, 252, 323, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370
Politiques d’alimentation : on agit, mais on mesure trop peu ce qui marche
Le problème : Le rapport constate qu’on ne sait pas assez bien quelles politiques publiques en alimentation et nutrition sont efficaces, faute de données récentes, d’indicateurs clairs et d’un suivi rigoureux de la mise en œuvre et des résultats.
Pourquoi c’est important : L’enjeu est majeur : près d’un adulte sur deux est en surpoids et environ 18 % sont obèses. Sans mesures fiables, on ne peut pas vérifier si l’action publique améliore réellement la santé, réduit les maladies chroniques et utilise correctement l’argent public.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Le rapport dit une chose simple.
On ne sait pas assez bien **ce qui marche** dans les politiques publiques sur l’alimentation et la nutrition.
Il constate d’abord un manque de **données récentes** sur la situation réelle.
Par exemple sur le surpoids, l’obésité, les habitudes alimentaires, l’activité physique, ou l’exposition à certains risques dans l’alimentation.
On a des sources.
Mais elles sont parfois anciennes.
Ou partielles.
Ou pas comparables entre elles.
Le rapport rappelle pourtant que l’enjeu est massif.
Près d’un adulte sur deux est en surpoids.
Et environ 18 % sont obèses.
Donc on a besoin de savoir si les actions publiques changent vraiment ces chiffres.
Il constate aussi un manque d’**indicateurs clairs**.
Un indicateur, c’est une mesure simple qui permet de suivre un objectif.
Exemple : “part des enfants qui mangent des fruits et légumes chaque jour”.
Ou “évolution du taux d’obésité”.
Or, beaucoup d’actions sont décrites avec des mots vagues.
Sans cible chiffrée.
Sans méthode de calcul stable.
Donc on ne peut pas dire si l’action a réussi.
Le rapport montre aussi un problème de **suivi de la mise en œuvre**.
Beaucoup d’actions prévues ne sont pas faites.
Ou seulement en partie.
Au total, environ 10 % des actions seraient “réalisées”.
Et une part importante est “en cours”.
Mais “en cours” peut durer longtemps.
Et “partiellement réalisé” peut cacher un résultat faible.
Enfin, le rapport insiste sur un point concret.
Les grandes enquêtes qui donnent une photo fiable de la population ont un trou dans le temps.
Les anciennes enquêtes (INCA et Esteban) sont remplacées par une nouvelle enquête, **Albane**.
Mais les premiers résultats sont attendus en 2027-2028.
Donc pendant des années, on pilote avec une vision incomplète.
Le rapport dit aussi que l’évaluation des actions locales est faible.
Il existe un guide pour aider à évaluer (Evalin).
Mais il est peu utilisé.
Et beaucoup de projets locaux ne sont pas évalués.
Par exemple, seule une minorité de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) a été évaluée.
---
### Pourquoi c’est un problème
Parce que sans données récentes, on agit un peu “à l’aveugle”.
On peut avoir de bonnes intentions.
Mais on ne sait pas si on améliore vraiment la santé des gens.
Sans indicateurs clairs, on confond facilement trois choses.
1) “On a lancé une action.”
2) “On a fait des activités.”
3) “On a obtenu un résultat.”
Exemple simple.
Distribuer des flyers, faire une campagne, organiser des ateliers.
Ce sont des activités.
Mais la vraie question est : est-ce que ça change les comportements ?
Et surtout : est-ce que ça réduit le surpoids, l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, certains cancers ?
Le rapport souligne aussi un autre risque.
Quand on ne mesure pas, on ne peut pas comparer.
On ne peut pas repérer les actions efficaces.
On ne peut pas arrêter celles qui ne servent pas.
On ne peut pas améliorer ce qui est moyen.
Et quand les actions ne sont pas suivies, on ne sait pas si l’État tient ses engagements.
Ni si l’argent public est bien utilisé.
Ni si les territoires sont aidés de façon équitable.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Cela révèle une limite de méthode.
L’action publique produit beaucoup de plans, de programmes, de listes d’actions.
Mais elle a du mal à se donner une règle simple :
“On fixe un objectif mesurable, on suit, on corrige.”
Cela révèle aussi une limite de pilotage.
Le rapport décrit des programmes nombreux, parfois mal articulés.
Avec des liens pas toujours clairs entre les dispositifs.
Quand la structure est complexe, l’évaluation devient plus difficile.
Et chacun suit ses propres outils.
Cela révèle une limite de choix politiques.
Le rapport note que les leviers les plus efficaces ne sont pas toujours mobilisés.
Et que l’action repose souvent sur le volontariat.
Donc on mise beaucoup sur “changer les comportements” des personnes.
Et moins sur “changer l’environnement” qui pousse à mal manger.
Comme le marketing, l’offre disponible, la distribution, les prix, la publicité.
Or si on ne mesure pas, ce biais peut durer.
On continue à faire surtout ce qui est facile à lancer.
Pas forcément ce qui est le plus efficace.
Cela révèle enfin une limite de continuité.
Les données arrivent tard.
Les financements locaux sont parfois instables.
Les projets démarrent, puis s’arrêtent.
Dans ces conditions, évaluer devient difficile.
Et apprendre devient lent.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
**1) Des décisions moins justes et moins efficaces.**
Sans données solides, on cible mal.
On peut rater les publics les plus en difficulté.
Ou financer des actions qui touchent surtout ceux qui vont déjà bien.
**2) Des inégalités qui se creusent.**
Si on ne mesure pas finement par territoire et par catégorie sociale, on ne voit pas où ça se dégrade.
Et on réagit trop tard.
Le rapport insiste sur la précarité alimentaire.
Or il manque aussi une statistique publique continue et comparable sur ce sujet.
Donc on ne sait pas précisément qui manque de nourriture, qui mange trop mal, et où.
**3) Une perte de temps face à l’obésité et aux maladies chroniques.**
Le rapport indique que le surpoids stagne mais que l’obésité progresse.
Si on ne suit pas régulièrement, on découvre les dégâts après coup.
Et on bascule vers des soins lourds, au lieu de prévenir.
**4) Un coût énorme pour tous.**
Une mauvaise alimentation coûte très cher à la société.
En santé, en arrêts de travail, en perte de qualité de vie.
Le rapport cite des montants très élevés.
Et il demande de mesurer mieux les surcoûts pour l’assurance maladie.
Sans mesure, on ne peut pas arbitrer correctement.
On ne peut pas dire : “cette action coûte X mais évite Y”.
**5) Des politiques locales fragiles.**
Quand une action locale n’est pas évaluée, elle a plus de mal à être reconduite.
Parce qu’il faut justifier les budgets.
Donc même une bonne initiative peut disparaître faute de preuves.
**6) Une confiance publique abîmée.**
Si les citoyens entendent des plans successifs, mais ne voient pas de résultats clairs, la crédibilité baisse.
On a l’impression que “ça communique” mais que “ça ne change pas”.
---
Le cœur du message du rapport est donc très concret.
Pour améliorer l’alimentation et la santé, il ne suffit pas d’agir.
Il faut aussi savoir, de façon régulière et vérifiable, **ce que les actions produisent réellement**.
Et corriger quand ça ne marche pas.
Pages sources : 3, 5, 6, 9, 11, 18, 19, 21, 31, 32, 33, 43, 44, 46, 57, 58, 60, 61, 67, 71, 72, 74, 77, 78, 88, 89, 103, 104, 106, 119, 120, 140, 141, 145, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 171, 172, 175, 178, 180, 181, 184, 185, 186, 187, 188, 190, 195, 204, 205, 240, 242, 252, 260, 279, 282, 283, 289, 291, 292, 296, 302, 307, 315, 316, 317, 319, 329, 334, 335, 338, 340, 348, 349, 351, 352, 360
La France fait face à une malnutrition multiple : obésité, dénutrition, carences et insécurité alimentaire
Le problème : Le rapport constate une situation où coexistent surpoids/obésité en hausse, dénutrition encore fréquente (notamment chez les personnes âgées et les personnes atteintes de cancer), alimentation éloignée des repères de santé, sédentarité importante, expositions à certains contaminants, et fortes inégalités sociales et territoriales, sur fond de montée de l’insécurité alimentaire et de manque de données récentes pour piloter les politiques.
Pourquoi c’est important : Ces problèmes dégradent la santé physique et mentale (diabète, maladies cardiovasculaires, certains cancers, perte d’autonomie, complications), touchent davantage les personnes les plus fragiles, et génèrent des coûts très élevés pour la société (dépenses de santé, absentéisme, baisse de productivité), tout en réduisant la capacité à agir efficacement faute de suivi et de données solides.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Le rapport dit que la France fait face à plusieurs formes de malnutrition en même temps.
Il ne parle pas seulement d’obésité.
Il parle aussi de dénutrition.
Et de carences.
Il constate d’abord un niveau très élevé de surpoids et d’obésité.
En 2024, environ 1 adulte sur 2 est en surpoids.
Et 18,1 % des adultes sont obèses.
Cela représente près de 10 millions de personnes.
Il constate aussi que l’obésité progresse, même si le surpoids semble plutôt stable.
Donc le problème ne se résout pas “tout seul”.
Il constate que les enfants sont concernés.
Le surpoids et l’obésité augmentent aussi chez eux.
Et les habitudes prises tôt pèsent sur la santé toute la vie.
Il rappelle un autre problème moins visible.
La dénutrition touche environ 2 millions de personnes (estimation 2018).
Dont environ 700 000 personnes âgées.
Elle touche aussi beaucoup de personnes traitées pour un cancer.
Il constate que l’alimentation réelle des Français reste loin des repères de santé.
Peu de personnes mangent assez de fruits et légumes.
Les fibres manquent fortement.
Le sel reste trop élevé.
Les boissons sucrées restent trop présentes, surtout chez les enfants.
Et les recommandations sont mal connues.
Il insiste sur le rôle de la sédentarité.
Beaucoup d’enfants et d’adultes passent des heures assis, souvent devant des écrans.
Et l’activité physique baisse dans certains groupes, notamment chez les femmes.
Il constate enfin que l’alimentation pose aussi des risques “non nutritionnels”.
Il parle de contaminants et de substances chimiques.
Il cite par exemple l’acrylamide, des perturbateurs endocriniens, des substances venant des emballages.
Il dit que ces expositions existent.
Et que certaines personnes, dont les personnes obèses, peuvent être plus vulnérables.
Il ajoute un constat central.
Les inégalités sont fortes.
Selon le territoire, le revenu, le niveau d’études, la situation change beaucoup.
En outre-mer, l’obésité est plus élevée (22,4 %).
Et chez les personnes en difficulté économique, l’obésité est plus fréquente.
Il constate aussi une montée de l’insécurité alimentaire.
En 2022, 16 % des Français disent ne pas avoir assez à manger.
Cela fait environ 11 millions de personnes.
Et 45 % disent être touchés par une forme d’insécurité alimentaire.
Enfin, le rapport dit qu’on manque de données récentes et solides.
Donc on mesure mal l’effet réel des politiques.
La nouvelle grande enquête (Albane) donnera des résultats en 2027-2028.
C’est tard pour piloter une politique publique.
---
### Pourquoi c’est un problème
Parce que ces situations abîment la santé.
Et pas seulement “à long terme”.
Le surpoids et l’obésité augmentent le risque de maladies graves.
Diabète.
Maladies du cœur et des vaisseaux.
Certains cancers.
Problèmes respiratoires.
Douleurs articulaires.
Et baisse de la qualité de vie.
Le rapport rappelle aussi l’impact sur la santé mentale.
Une mauvaise alimentation et le manque d’activité peuvent peser sur le moral.
Et l’obésité peut entraîner souffrance psychologique à cause de la stigmatisation.
La dénutrition est aussi dangereuse.
Elle affaiblit le corps.
Elle fait perdre du muscle.
Elle augmente le risque de chutes, d’infections, de complications.
Chez les personnes âgées, elle peut accélérer la perte d’autonomie.
Chez les personnes atteintes de cancer, elle peut aggraver le pronostic.
C’est aussi un problème parce que cela touche plus durement les plus fragiles.
Quand on a peu d’argent, on arbitre.
On achète ce qui cale et ce qui est moins cher.
On subit plus les promotions.
On vit plus souvent dans des zones où l’offre est limitée.
Donc la santé devient une question de moyens.
C’est enfin un problème parce que les coûts sont énormes.
Le rapport cite des estimations très élevées.
En 2020, les coûts d’une mauvaise alimentation sont estimés à 150 milliards d’euros.
Avec une grande part pour le système de santé.
Le diabète, les maladies cardiovasculaires et les cancers pèsent très lourd.
Et il y a aussi des coûts au travail.
Absentéisme.
Baisse de productivité.
Difficultés d’emploi.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Le rapport dit que les programmes existent.
Mais qu’ils ne changent pas assez la réalité.
Première limite : la politique est difficile à comprendre.
Il y a plusieurs programmes.
Ils se recoupent.
Ils font parfois doublon.
Donc c’est moins lisible pour les acteurs et pour le public.
Deuxième limite : le pilotage politique n’est pas assez fort.
Un exemple est donné.
Le comité interministériel pour la santé ne s’est pas réuni depuis 2019.
Cela montre un manque de suivi au plus haut niveau.
Troisième limite : on manque d’outils pour savoir ce qui marche.
Les données sont anciennes ou insuffisantes.
On ne suit pas assez régulièrement le surpoids et l’obésité.
On ne sait pas bien chiffrer les dépenses liées au surpoids dans l’assurance maladie.
Donc on décide sans tableau de bord fiable.
Quatrième limite : la prévention est trop faible face à la force de l’environnement.
Le rapport parle d’“environnements obésogènes”.
Cela veut dire un quotidien qui pousse à manger trop riche et à bouger trop peu.
Offre abondante de produits gras, salés, sucrés.
Publicité.
Promotions.
Restauration rapide.
Écrans.
Manque d’activité dans la vie courante.
Cinquième limite : certains leviers efficaces sont peu utilisés ou trop timides.
Le rapport cite des mesures jugées très efficaces.
Taxer les boissons sucrées.
Mieux encadrer la publicité des produits trop gras, trop sucrés, trop salés.
Renforcer l’étiquetage nutritionnel.
Mais ces mesures se heurtent à des oppositions.
Et à des questions d’acceptabilité.
Sixième limite : la prévention et les soins ne sont pas assez bien reliés.
Le rapport insiste sur le dépistage “tout au long de la vie”.
Et sur l’idée “chaque contact compte”.
Donc à chaque consultation, on devrait repérer plus tôt.
Mais les soins primaires ne sont pas assez mobilisés.
Et les parcours coordonnés manquent de financement stable.
Beaucoup repose sur des expérimentations.
Puis il faut “pérenniser”.
Et ce n’est pas simple.
Septième limite : la dénutrition, surtout chez les personnes âgées, reste sous-traitée.
Il y a des actions de sensibilisation.
Mais la participation des Ehpad et des aidants est faible.
Et la qualité de la restauration en établissements doit être mieux encadrée.
Une loi de 2024 prévoit un cahier des charges nutritionnel.
Mais il faut le rendre concret et appliqué.
Huitième limite : le numérique échappe encore largement à la régulation.
Les enfants voient beaucoup de publicités pour des produits de mauvaise qualité.
Sur les réseaux sociaux, c’est encore mal encadré et mal mesuré.
Le rapport demande plus de contrôle.
Et l’affichage du Nutri-Score dans les publicités numériques.
Neuvième limite : on traite encore trop séparément santé, alimentation, environnement.
Le rapport rappelle que la chaîne alimentaire pèse sur le climat.
Environ 22 % des émissions françaises de gaz à effet de serre.
Donc il faut articuler santé et environnement.
Mais c’est complexe.
Et parfois contradictoire avec d’autres objectifs économiques.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
Cela change la vie quotidienne des gens.
Plus de maladies chroniques.
Plus de traitements au long cours.
Plus de handicaps liés aux douleurs, à l’essoufflement, à la fatigue.
Plus de dépendance chez les personnes âgées fragiles.
Cela change l’école.
Des enfants en surpoids plus tôt.
Des difficultés à bouger.
Des risques de moqueries.
Et des habitudes alimentaires qui se fixent.
Cela change le travail.
Plus d’arrêts maladie.
Plus de limitations physiques.
Parfois des discriminations à l’embauche ou dans la carrière.
Cela change les finances publiques.
Plus de dépenses de santé.
Moins de marges pour d’autres priorités.
Et des coûts “cachés” qui ne se voient pas sur une facture unique.
Cela creuse les inégalités.
Les personnes modestes cumulent plus souvent :
moins d’accès à une alimentation de qualité,
plus d’exposition à la publicité,
moins d’accès à des lieux pour bouger,
plus de risques de maladie.
Donc l’écart d’espérance de vie et de santé s’élargit.
Cela fragilise certains territoires.
En outre-mer, les taux sont plus élevés.
L’offre alimentaire est parfois moins diversifiée.
La pauvreté est plus forte.
Donc la réponse doit être adaptée localement, pas seulement nationale.
Cela crée aussi une société plus exposée aux crises.
Le rapport rappelle que pendant le Covid-19, les personnes obèses ont été plus hospitalisées.
Donc l’état nutritionnel devient un facteur de vulnérabilité collective.
Et cela pose une question de confiance.
Si les programmes sont nombreux mais que les résultats sont faibles, les citoyens doutent.
Si les données manquent, on ne peut pas prouver ce qui marche.
Et on risque de refaire les mêmes actions sans effet.
Le rapport pousse donc vers une idée simple.
Prévenir plus tôt.
Dépister partout et régulièrement.
Mieux coordonner les soins.
Mieux financer ce qui marche.
Et agir aussi sur l’environnement alimentaire, pas seulement sur la “volonté” individuelle.
Pages sources : 3, 4, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 45, 53, 56, 60, 74, 80, 85, 86, 87, 115, 116, 120, 121, 122, 123, 124, 126, 127, 132, 135, 136, 139, 140, 147, 150, 160, 161, 164, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 202, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 237, 238, 239, 240, 241, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 251, 252, 253, 257, 260, 263, 269, 278, 280, 321, 344
Mieux manger : informer ne suffit pas quand l’environnement pousse à l’inverse
Le problème : L’action publique repose surtout sur des messages et des recommandations (ex. « 5 fruits et légumes par jour »), alors que l’environnement alimentaire (prix, promotions, publicité, offre en magasin, cantines) favorise largement des produits trop gras, trop sucrés et trop salés. Les individus doivent lutter à contre-courant, ce qui limite fortement l’efficacité des campagnes.
Pourquoi c’est important : Parce que les choix alimentaires dépendent surtout de contraintes concrètes (budget, disponibilité, marketing) et pas seulement de la volonté. Cette situation entretient des inégalités sociales de santé, expose fortement les enfants à la publicité, et contribue à des maladies évitables et à des coûts collectifs élevés.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Le rapport dit que l’État mise surtout sur une idée simple.
« Informer les gens pour qu’ils mangent mieux ».
Avec des campagnes, des conseils, des slogans.
Exemple connu : « 5 fruits et légumes par jour ».
Mais le rapport observe que ça ne suffit pas.
Parce que les choix alimentaires ne se font pas dans le vide.
Ils se font dans un environnement.
Cet environnement, c’est :
- ce qui est vendu facilement autour de nous.
- ce qui est mis en avant en magasin.
- ce qui est en promotion.
- ce qui est le moins cher.
- ce qui est partout en publicité.
- ce qui est proposé à la cantine, au distributeur, dans la rue.
Or, sur ces points, le rapport dit que l’action publique est trop faible.
Elle est souvent basée sur le volontariat des entreprises.
Et beaucoup d’actions prévues ne sont pas réellement faites.
Au total, une petite partie des actions est complètement réalisée.
Le rapport souligne aussi un déséquilibre énorme.
Le marketing alimentaire pèse des milliards.
La communication de santé publique pèse quelques millions.
Donc les messages « mangez mieux » sont noyés.
Il donne un exemple concret de résultat limité.
En 2021, seule une minorité suit la recommandation « 5 fruits et légumes ».
19 % des hommes.
25 % des femmes.
Et il insiste sur les enfants.
Ils voient énormément de publicités alimentaires.
Souvent pour des produits trop gras, trop sucrés, trop salés.
Et sur internet, c’est encore moins encadré.
Enfin, le rapport dit que l’offre reste majoritairement composée de produits trop gras, trop salés, trop sucrés.
Avec du sucre ajouté dans beaucoup d’aliments, même inattendus.
Et que la grande distribution a un rôle central.
Elle représente l’essentiel des ventes à domicile.
Mais elle est peu ciblée par les programmes.
---
### Pourquoi c’est un problème
Parce qu’on demande aux individus de faire des efforts constants.
Alors que tout autour pousse dans l’autre sens.
On dit : « choisissez mieux ».
Mais on met sous leurs yeux :
- des promotions sur les produits les moins bons.
- des rayons entiers de produits très transformés.
- des pubs répétées, attractives, ciblées.
- des prix qui favorisent souvent le moins bon.
Résultat : même motivé, c’est difficile.
Et quand on est fatigué, pressé, ou avec un budget serré, c’est encore plus difficile.
Le rapport insiste sur le prix.
Pour une partie de la population, c’est le critère numéro un.
Donc si les produits les plus sains sont plus chers, le choix est vite fait.
Ce n’est pas une question de volonté.
C’est une question de contraintes.
Cela crée et entretient des inégalités.
Les personnes avec plus de revenus et plus d’études s’en sortent mieux.
Les autres subissent davantage l’environnement.
Et la santé se dégrade plus vite.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Le rapport montre une limite classique.
L’État préfère les mesures « douces ».
Informer. Recommander. Inciter.
Signer des chartes. Faire appel au volontariat.
Mais quand les intérêts économiques sont forts, le volontariat a des limites.
Si une entreprise gagne plus en vendant des produits très sucrés et très promus, elle ne change pas facilement.
Ou elle change lentement.
Ou seulement sur une petite partie de ses produits.
Le rapport dit aussi que l’action publique manque de pilotage clair.
Les programmes sont difficiles à lire.
Ils sont mal coordonnés.
Ils ne mettent pas assez en avant les actions les plus décisives.
Autre limite : on mesure mal ce qui marche.
Il manque des données récentes.
Il manque des objectifs chiffrés simples.
Donc on ne sait pas bien si une action a vraiment amélioré la santé.
Ou si elle a juste « été lancée ».
Enfin, il y a des sujets qui bloquent et retardent l’action.
Par exemple : comment définir les aliments ultra-transformés.
Comment communiquer clairement sur le Nutri-Score.
Tant que ces points restent controversés, certaines décisions sont repoussées.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
**1) Plus de maladies évitables**
Une alimentation trop riche en sel, sucre et gras augmente :
- le surpoids et l’obésité.
- le diabète.
- les maladies cardio-vasculaires.
Le rapport rappelle que près d’un adulte sur deux est en surpoids.
Et près d’un sur cinq est en obésité.
**2) Une facture collective très lourde**
Ces maladies coûtent cher à la société.
En soins.
En arrêts de travail.
En perte de qualité de vie.
Le rapport cite des montants très élevés de coûts sociaux.
**3) Des inégalités qui se creusent**
Quand l’environnement alimentaire est défavorable, ceux qui ont le moins de marge de manœuvre paient le prix fort.
Budget serré. Moins d’accès à une offre variée.
Plus d’exposition à certaines promotions et à certains produits.
Donc plus de risques de mauvaise santé.
Et une espérance de vie plus faible selon les milieux.
**4) Une pression publicitaire qui façonne les habitudes dès l’enfance**
Les enfants apprennent très tôt à désirer certains produits.
Ils associent nourriture et récompense.
Ils normalisent la restauration rapide et les snacks sucrés.
Et sur les réseaux sociaux, la publicité est plus difficile à repérer et à contrôler.
**5) Une société qui culpabilise les individus au lieu de corriger le cadre**
Si on ne change pas l’offre, les prix et le marketing, on finit par dire :
« Les gens ne font pas d’efforts ».
Alors que le système rend les bons choix plus difficiles.
Cela crée de la culpabilité.
Et cela détourne l’attention des vrais leviers.
**6) Un retard sur les changements utiles**
Le rapport suggère des leviers plus structurants :
- encadrer plus fortement la publicité, surtout vers les enfants.
- agir sur les promotions et les pratiques de vente.
- utiliser les taxes et les prix pour décourager le trop sucré, trop salé, trop gras.
- fixer des objectifs de réduction du sel, du sucre, des graisses, avec obligation si besoin.
- impliquer réellement la grande distribution.
Si ces leviers restent peu utilisés, les progrès restent lents.
Et les problèmes s’installent.
En clair, le rapport dit ceci.
On ne peut pas améliorer durablement l’alimentation en ne parlant qu’aux individus.
Il faut aussi changer ce qui les entoure.
Sinon, on lutte à contre-courant. Et on perd.
Pages sources : 5, 7, 13, 19, 29, 33, 40, 52, 58, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 93, 97, 110, 114, 120, 128, 153, 155, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 167, 171, 173, 177, 178, 179, 197, 202, 210, 224, 234, 235, 242, 252, 262, 280, 281, 283, 288, 289, 294, 295, 296, 298, 299, 300, 301, 302, 305, 310
Information nutritionnelle : utile mais trop faible face au marketing et au volontariat
Le problème : L’action publique repose surtout sur l’information (repères, Nutri-Score) et sur le volontariat des entreprises, alors que les choix alimentaires sont d’abord guidés par le prix, les habitudes, le goût et une pression marketing massive. Résultat : les outils existent mais sont inégalement appliqués, parfois contestés, et insuffisants pour changer durablement les comportements.
Pourquoi c’est important : Le sujet touche directement la santé publique (surpoids, maladies évitables), le budget des ménages, les inégalités sociales et la confiance dans les politiques publiques. Sans règles plus cohérentes et un environnement moins défavorable, l’information nutritionnelle reste une « petite voix » dans un espace saturé par la publicité.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Le rapport dit que l’État a mieux outillé l’information nutritionnelle.
Il cite trois piliers.
D’abord, les **repères nutritionnels**.
Ils sont mis à jour à partir de travaux scientifiques.
Santé publique France les diffuse via des campagnes et le site *mangerbouger.fr*.
Mais la population les applique peu.
Et beaucoup de gens les connaissent mal.
Ensuite, le **Nutri-Score**.
C’est une note simple (lettre et couleur) pour comparer des produits.
Il est très connu du public.
Il est largement affiché par les distributeurs et une partie des marques.
Il pousse aussi certains fabricants à améliorer leurs recettes.
Le rapport note des progrès visibles sur certains produits.
Mais le rapport insiste aussi sur les **blocages**.
Le Nutri-Score reste surtout **volontaire**.
Il n’est pas obligatoire en France.
Et il n’est pas harmonisé au niveau européen.
Son algorithme a été mis à jour en 2025.
Cette mise à jour a déclenché des débats et des contestations.
Ces débats ont ralenti des actions prévues.
Le rapport souligne aussi des **extensions non abouties**.
L’adaptation du Nutri-Score à la restauration hors domicile n’est pas finalisée.
L’extension au vrac n’est pas finalisée.
Pourtant, des tests en restauration montrent des effets positifs sur les choix.
Enfin, le rapport décrit un **déséquilibre massif entre information publique et marketing**.
Les budgets publics de communication sont de quelques millions d’euros.
Le marché publicitaire alimentaire, lui, pèse des milliards.
Les enfants voient énormément de publicités alimentaires.
Une grande partie concerne des produits de mauvaise qualité nutritionnelle.
Le sponsoring sportif est aussi très utilisé par ces marques.
Et les réseaux sociaux exposent les jeunes sans contrôle suffisant.
Le rapport ajoute un point important.
Même quand la publicité est “dans les règles”, elle peut tromper.
Parce que des mentions comme “riche en…” ou “source de…” mettent en avant un détail.
Et elles font oublier le reste du produit.
Le rapport explique que l’Europe encadre ces mentions.
Mais que l’Europe n’a pas mis en place de garde-fous assez forts sur le “profil” global des produits.
Donc on peut légalement “vendre sain” un produit qui ne l’est pas vraiment.
---
### Pourquoi c’est un problème
Parce que l’information seule ne suffit pas.
Le rapport le dit clairement.
Les slogans et les conseils répétés depuis des années changent peu les habitudes.
Pourquoi.
Parce que les choix alimentaires dépendent surtout du **prix**, des **habitudes** et du **goût**.
Pas d’un message vu à la télévision.
Et parce que l’environnement pousse dans l’autre sens.
On peut savoir ce qu’il faudrait faire.
Et acheter quand même autre chose.
Parce que c’est moins cher.
Parce que c’est plus visible en rayon.
Parce que c’est plus promu.
Parce que les enfants le réclament après l’avoir vu partout.
Le problème est aussi un problème de clarté.
Si le Nutri-Score change, certains crient à l’injustice.
D’autres disent que “ça ne veut plus rien dire”.
Sans explication pédagogique, la confiance baisse.
Et un outil utile peut être disqualifié dans l’opinion.
Le problème est enfin un problème d’égalité.
Les personnes les plus à l’aise avec l’information s’en servent mieux.
Les autres subissent plus le prix et la pression marketing.
Donc l’écart de santé se creuse.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Le rapport montre une limite centrale.
L’État agit surtout par **information** et par **volontariat** des entreprises.
Il agit peu par règles contraignantes.
Or les mesures les plus efficaces existent.
Le rapport rappelle que limiter la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés est très efficace.
Mais ces actions sont peu réalisées.
Ou incomplètes.
Ou dépassées par le numérique.
Le rapport montre aussi une limite de gouvernance.
Il y a plusieurs programmes.
Ils se recoupent.
Ils sont parfois peu lisibles.
Le suivi est insuffisant.
Beaucoup d’actions sont “en cours” ou “partiellement faites”.
Peu sont totalement réalisées.
Et les indicateurs ne permettent pas toujours de mesurer l’impact réel.
Il y a aussi une limite européenne.
La France ne peut pas rendre le Nutri-Score obligatoire seule.
À cause des règles du marché unique.
Et certains pays s’opposent au Nutri-Score.
Résultat.
On a un outil connu, mais pas généralisé.
Et des produits circulent avec des informations différentes selon les pays.
Dernière limite.
L’État communique, mais il ne pèse pas face aux budgets privés.
Donc il “parle” dans un espace saturé par des messages contraires.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
1) **Pour les familles, surtout avec enfants**
Les enfants sont exposés en continu à des pubs pour des produits peu recommandés.
Cela influence leurs envies.
Cela influence les achats.
Cela rend les repas plus difficiles à équilibrer.
Et cela banalise une alimentation très transformée.
2) **Pour la santé publique**
Le surpoids et l’obésité restent élevés.
Les consommations restent trop riches en sel, sucres, graisses saturées.
Et trop pauvres en fibres, fruits, légumes, légumineuses.
Donc on entretient des maladies évitables.
Et des coûts pour le système de santé.
3) **Pour les inégalités sociales**
Quand les prix montent, les ménages réduisent la qualité nutritionnelle.
Ils achètent plus “bon marché”.
Ils achètent moins de produits recommandés.
L’information ne compense pas le manque de budget.
Donc les écarts de santé se renforcent.
4) **Pour la confiance dans les politiques publiques**
Quand un outil est contesté, retardé, ou appliqué à moitié, les gens se lassent.
Ils ont l’impression que “ça change tout le temps”.
Ou que “c’est politique”.
Ou que “les lobbies gagnent”.
Cette défiance réduit l’efficacité des messages futurs.
5) **Pour l’économie alimentaire**
Les entreprises qui jouent le jeu peuvent reformuler.
Mais si l’affichage reste volontaire, la concurrence est inégale.
Certains affichent.
D’autres non.
Et ceux qui vendent des produits moins bien notés ont intérêt à ne pas afficher.
6) **Pour la cohérence collective**
On demande aux individus de faire les bons choix.
Mais on laisse un environnement qui pousse vers l’inverse.
Le rapport dit qu’il faut rééquilibrer.
Moins “tout sur la responsabilité individuelle”.
Plus “agir sur l’offre et le marketing”.
En clair.
Le rapport ne dit pas que le Nutri-Score et les repères sont inutiles.
Il dit qu’ils sont utiles, mais insuffisants seuls.
Et qu’ils doivent être mieux expliqués, mieux étendus, et mieux protégés.
Sinon, l’information publique reste une petite voix face à une machine publicitaire géante.
Pages sources : 6, 7, 14, 17, 25, 44, 45, 46, 47, 49, 50, 52, 53, 58, 59, 62, 64, 68, 75, 80, 84, 85, 95, 96, 97, 127, 128, 129, 130, 131, 137, 138, 141, 146, 153, 155, 158, 159, 161, 163, 173, 174, 178, 180, 181, 190, 196, 223, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 255, 265, 286, 291, 296, 297, 298
Aliments ultra-transformés : très présents, risques possibles, action publique freinée par une définition contestée
Le problème : Les aliments ultra-transformés représentent une part importante de l’alimentation (plus de 30 % en France) et sont massivement promus. Le rapport identifie des signaux de risque pour la santé qui ne s’expliquent pas seulement par l’excès de sucre, de sel ou de gras. Mais l’action publique est freinée car il n’existe pas de définition et de classification stables et partagées (la classification NOVA est contestée), ce qui entretient la confusion et retarde des mesures claires.
Pourquoi c’est important : Comme ces produits sont devenus la norme (pratiques, souvent moins chers, très disponibles), une incertitude prolongée peut exposer une grande partie de la population à un risque collectif potentiellement élevé. Clarifier la catégorie et agir avec prudence dès maintenant (favoriser les aliments bruts) est crucial pour protéger la santé, réduire les inégalités et restaurer la confiance dans les messages publics.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
### Ce que le rapport constate
Les aliments ultra-transformés occupent une grande place dans notre alimentation.
En France, ils représentent plus de 30 % de ce que les gens mangent.
Dans l’offre en magasin, ils sont très présents.
Le rapport dit aussi qu’on voit des signaux de risque pour la santé.
Ces signaux ne concernent pas seulement “trop de calories”.
Ils existent même quand on tient compte de la qualité nutritionnelle globale du régime.
Le rapport insiste sur un point central.
On ne sait pas encore définir et classer ces aliments de façon stable et partagée.
La classification la plus connue (NOVA) est contestée.
Elle est jugée insuffisante pour servir de base à des outils publics clairs.
Le rapport demande donc trois choses en même temps.
Clarifier ce qu’on appelle “ultra-transformé”.
Renforcer la recherche pour comprendre les mécanismes.
Et agir avec prudence dès maintenant, en favorisant les aliments bruts.
Il propose même un terme plus précis.
“Ultra-transformés ultra-formulés”.
L’idée est de mieux viser les produits fabriqués par assemblage d’ingrédients et d’additifs.
Il souligne aussi un décalage de forces.
La publicité alimentaire est massive.
Les enfants voient énormément de publicités pour des produits de mauvaise qualité.
Les budgets publics de prévention sont minuscules en comparaison.
Enfin, il relie le sujet à d’autres enjeux.
Les additifs.
Les substances créées par certains procédés industriels.
Les contaminants.
Les matériaux d’emballage.
Et les effets “cocktail”, quand plusieurs expositions s’additionnent.
---
### Pourquoi c’est un problème
Parce que ces aliments sont partout.
Ils sont pratiques.
Ils sont souvent moins chers.
Ils sont très promus.
Donc ils deviennent la norme, surtout pour les familles sous contrainte de temps et de budget.
Parce que les risques possibles ne se limitent pas au “trop sucré, trop gras, trop salé”.
Le rapport dit qu’il peut y avoir autre chose.
Le procédé de fabrication peut compter.
La formulation peut compter.
Les additifs et les substances formées pendant la fabrication peuvent compter.
Les emballages peuvent compter.
Parce que l’incertitude bloque l’action.
Si on ne sait pas exactement “quels produits” mettre dans la catégorie, on hésite à :
- fixer des objectifs mesurables,
- encadrer la publicité,
- taxer,
- imposer des changements aux industriels,
- faire des messages simples au public.
Parce que la controverse crée de la confusion.
Un citoyen entend “c’est dangereux”.
Puis il entend “on n’a pas de preuve solide”.
Il ne sait plus à qui faire confiance.
Et il finit souvent par ne rien changer.
---
### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
L’action publique a du mal à avancer quand la science n’est pas “verrouillée”.
Or, en santé publique, attendre la certitude totale peut coûter cher.
Le rapport pousse donc une logique de précaution.
Mais cette logique est difficile à traduire en règles concrètes sans définition partagée.
Les objectifs publics peuvent être mal suivis.
Le rapport rappelle qu’un objectif comme “réduire de 20 %” est difficile à mesurer.
Si l’outil de mesure est contesté, le suivi devient fragile.
Et on ne sait pas dire clairement si on progresse ou non.
L’État agit beaucoup sur l’individu.
Campagnes d’information.
Conseils.
Sites comme “mangerbouger”.
Mais il agit moins sur l’environnement.
Publicité.
Placement en magasin.
Prix.
Offre disponible.
Portions.
Marketing sportif.
Le rapport demande de rééquilibrer.
La coordination est compliquée.
Il faut mobiliser la grande distribution, les industriels, les médias, les réseaux sociaux, les soignants.
Sans eux, l’environnement alimentaire ne change pas.
Mais leurs intérêts ne vont pas toujours dans le même sens que la santé publique.
Les moyens de communication sont déséquilibrés.
Les marques dépensent des milliards.
La prévention publique dépense des millions.
Même un bon message public est noyé.
Enfin, il y a un problème de rythme.
Des travaux sont annoncés, parfois à horizon 2026.
Pendant ce temps, la consommation continue.
La publicité continue.
Les habitudes se fixent, surtout chez les enfants.
---
### Les conséquences concrètes pour la société
**Sur la santé.**
Si les signaux se confirment, cela veut dire plus de maladies chroniques.
Diabète.
Maladies cardio-vasculaires.
Certains cancers.
Et possiblement des effets sur la santé mentale et la mortalité.
Même sans certitude totale, le risque collectif peut être important vu le nombre de personnes exposées.
**Sur les inégalités.**
Les aliments ultra-transformés sont souvent les plus accessibles.
Donc les risques potentiels se concentrent davantage sur les ménages modestes.
Cela creuse les écarts de santé.
Et cela augmente les dépenses de soins liées à des maladies évitables.
**Sur les enfants.**
Ils sont une cible publicitaire majeure.
Ils voient surtout des pubs pour des produits très transformés.
Cela façonne leurs goûts tôt.
Cela rend plus difficile l’apprentissage d’une alimentation simple.
Et cela met les parents en conflit permanent avec le marketing.
**Sur la confiance.**
Quand les autorités disent “limitez”, mais ne peuvent pas dire précisément “quoi”, la confiance baisse.
Quand un produit a un Nutri-Score correct mais reste très transformé, les gens ne comprennent plus.
Le rapport demande d’éviter cette disqualification des outils, par une pédagogie forte.
**Sur l’économie et les règles du jeu.**
Sans classification claire, les entreprises qui font des produits plus simples ne sont pas forcément avantagées.
Les règles restent floues.
Les innovations peuvent aller dans le sens du marketing plutôt que dans le sens de la santé.
**Sur les choix quotidiens.**
Le rapport pousse une ligne simple de prudence.
Revenir plus souvent aux aliments bruts.
Cuisiner plus simple.
Réduire la part des produits “prêts à consommer”.
Ce n’est pas un jugement moral.
C’est une stratégie de réduction de risque, en attendant mieux.
**Sur les politiques à venir.**
Le rapport ouvre la porte à des mesures plus fortes.
Par exemple des taxes ciblées et des aides pour les produits bruts pour les ménages modestes.
Mais ces mesures dépendent d’une base solide.
Donc la bataille sur la définition et la classification devient un enjeu politique majeur.
Pages sources : 7, 12, 16, 27, 28, 44, 64, 96, 97, 98, 99, 120, 163, 164, 177, 188, 201, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 249, 250, 254, 258, 269, 289
Risques chimiques dans l’alimentation : au-delà du “trop gras, trop sucré, trop salé”
Le problème : L’alimentation expose quotidiennement la population à des substances chimiques venant de l’environnement (métaux, pesticides), des procédés de fabrication (ex. acrylamide), des additifs (édulcorants, émulsifiants, nitrites/nitrates, aspartame) et des emballages par “migration” (surtout avec chaleur, gras et temps de contact). Ces expositions se font souvent en mélanges (“effets cocktails”) et incluent des perturbateurs endocriniens, alors que l’action publique manque encore d’une vision d’ensemble, d’objectifs mesurables et d’une mise en œuvre fluide sur le terrain (notamment en restauration collective).
Pourquoi c’est important : Le problème concerne tout le monde, y compris sans “mauvais choix” alimentaires, car les effets peuvent être à faibles doses et sur le long terme, avec des liens suspectés ou documentés avec des maladies chroniques (cancers, diabète, maladies cardio-vasculaires, troubles métaboliques). Les enfants et les personnes en surpoids/obésité peuvent être plus vulnérables. Les inégalités d’exposition sont fortes (cantines, aide alimentaire, produits moins chers souvent plus transformés/emballés). Sans stratégie claire, la confiance publique se fragilise et les décisions se déplacent vers des solutions individuelles.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
## Ce que le rapport constate
Le rapport dit que les risques liés à l’alimentation ne viennent pas seulement du “trop gras, trop sucré, trop salé”.
Ils viennent aussi de substances chimiques qui arrivent dans nos assiettes.
Ces substances peuvent venir de plusieurs sources.
Elles peuvent venir de l’environnement.
Par exemple des métaux présents dans les sols ou l’eau.
Ou des résidus de pesticides.
Elles peuvent venir de la fabrication des aliments.
Surtout quand les aliments sont très transformés.
Certains procédés peuvent créer des substances nouvelles.
Le rapport cite l’acrylamide.
Il rappelle que l’exposition des Français reste proche de niveaux jugés préoccupants.
Elles peuvent venir des additifs.
Il y en a beaucoup.
Plus de 300 sont autorisés au niveau européen.
Le rapport rappelle que des études récentes relient certains additifs à des maladies chroniques.
Il cite des signaux sur des édulcorants, des émulsifiants.
Il cite aussi l’aspartame, classé “potentiellement cancérogène” par une instance internationale.
Il rappelle le sujet des nitrites et nitrates, associés au cancer colorectal, avec un dilemme.
Réduire ces additifs peut réduire un risque de cancer.
Mais il faut éviter d’augmenter les intoxications alimentaires si on retire trop vite des conservateurs.
Elles peuvent venir des emballages et des contenants.
Le rapport insiste sur la “migration”.
Cela veut dire que des molécules du plastique ou des revêtements passent dans l’aliment.
Surtout avec la chaleur, le gras, le temps de contact.
Le rapport met un focus sur la restauration collective.
Cantines scolaires.
Universités.
Crèches.
Il rappelle l’interdiction prévue au 1er janvier 2025 pour les contenants plastiques utilisés pour cuire et réchauffer dans ces structures.
Il constate que la mise en œuvre est difficile.
Il parle de coûts.
De réorganisation.
De charge de travail.
De manque de solutions techniques.
Et de manque d’infrastructures de lavage quand on passe à des contenants réutilisables.
Le rapport insiste aussi sur un point clé.
On n’est pas exposé à une seule substance à la fois.
On est exposé à des mélanges.
C’est ce que le rapport appelle les “effets cocktails”.
Il insiste aussi sur les “perturbateurs endocriniens”.
Ce sont des substances qui peuvent dérégler les hormones.
Le rapport vise un objectif très ambitieux.
“Tendre vers zéro perturbateur endocrinien dans l’alimentation”.
Enfin, le rapport dit qu’il manque une vision d’ensemble.
Il demande un inventaire des risques chimiques liés à l’alimentation.
Il demande de prioriser.
De surveiller mieux.
Et de revoir certaines autorisations quand la science évolue.
Il cite l’étude EAT3, qui doit mesurer l’exposition réelle des Français à beaucoup de substances, y compris celles liées aux contenants.
## Pourquoi c’est un problème
Parce que ces expositions sont quotidiennes.
Elles concernent tout le monde.
Même quand on ne “fait pas d’erreur” alimentaire.
Parce que les effets peuvent être discrets.
Faibles doses.
Long terme.
Pas un empoisonnement immédiat.
Mais un risque qui s’accumule.
Parce que certaines substances sont suspectées d’agir sur des maladies lourdes.
Cancers.
Diabète.
Maladies cardio-vasculaires.
Troubles métaboliques.
Et possiblement certains troubles neurologiques.
Parce que les mélanges compliquent tout.
Une substance peut être “acceptable” seule.
Mais poser problème en combinaison avec d’autres.
Le rapport dit que les évaluations initiales peuvent sous-estimer ce point.
Parce que les enfants sont une population sensible.
Ils mangent à la cantine.
Ils ont un corps en développement.
Ils peuvent être plus vulnérables à certains dérèglements hormonaux.
Parce que le surpoids et l’obésité peuvent augmenter la vulnérabilité.
Le rapport souligne ce lien.
Donc les risques nutritionnels et les risques chimiques se renforcent parfois.
Parce que remplacer le plastique n’est pas automatique.
Si on remplace vite, on peut remplacer par un autre matériau ou un autre revêtement qui pose aussi problème.
Le rapport demande d’éviter les “fausses bonnes substitutions”.
## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Première limite : on sait mieux mesurer que décider.
Le rapport montre beaucoup d’expertise.
Des études.
De la biosurveillance.
Mais moins d’actions concrètes et rapides sur les expositions.
Deuxième limite : l’action est dispersée.
Il y a plusieurs programmes et plans.
Alimentation.
Nutrition.
Santé-environnement.
Pesticides.
Perturbateurs endocriniens.
Le rapport dit que cela crée des doublons.
Et surtout un manque de lisibilité.
On ne sait pas toujours qui fait quoi.
Et qui est responsable des résultats.
Troisième limite : on manque d’objectifs mesurables.
Le rapport insiste sur le manque d’indicateurs utiles.
Souvent il n’y a pas de cible chiffrée.
Donc on ne peut pas dire clairement si une mesure réduit vraiment l’exposition ou la maladie.
Quatrième limite : les sujets controversés ralentissent l’action.
Le rapport dit qu’il faut avancer malgré les débats.
Sur les aliments ultra-transformés.
Sur les risques chimiques.
Sur la communication au public.
Sinon on repousse les décisions.
Cinquième limite : la mise en œuvre sur le terrain est sous-estimée.
L’exemple du plastique en restauration collective est parlant.
La règle existe.
Mais les cuisines doivent changer leurs pratiques.
Acheter du matériel.
Organiser le lavage.
Former.
Gérer le temps.
Éviter le gaspillage.
Le rapport dit que sans accompagnement fort, ça bloque.
Sixième limite : l’État agit beaucoup par recommandations.
Mais certains leviers puissants ne sont pas pleinement mobilisés.
Le rapport suggère qu’il faut parfois des mesures plus contraignantes.
Et une meilleure mobilisation des acteurs qui structurent l’offre.
Industrie.
Grande distribution.
Restauration collective.
## Les conséquences concrètes pour la société
### Pour la santé
Une partie des maladies chroniques peut être liée à l’alimentation.
Pas seulement par les calories.
Aussi par des expositions chimiques répétées.
Cela peut augmenter le nombre de malades.
Et aggraver des situations déjà fragiles.
Cela peut aussi créer de l’inquiétude permanente.
Parce que le risque est invisible.
Et parce que les messages sont parfois contradictoires.
### Pour les inégalités
Tout le monde n’a pas le même pouvoir d’éviter l’exposition.
Certaines personnes dépendent de la cantine.
Ou de l’aide alimentaire.
Ou de produits moins chers, souvent plus transformés et plus emballés.
Le rapport insiste sur le caractère inégalitaire de ces enjeux.
Donc si on ne réduit pas la contamination “à la source”, on laisse les plus modestes plus exposés.
### Pour l’école, les crèches, les hôpitaux, les EHPAD
La sortie du plastique change l’organisation.
Cela touche les achats publics.
Les cuisines centrales.
Les marchés.
Les équipements.
Les effectifs.
Les locaux de plonge.
Les règles d’hygiène.
Si c’est mal fait, il peut y avoir des effets secondaires.
Plus de casse.
Plus de pénibilité.
Plus de coûts.
Et parfois plus de gaspillage si la logistique n’est pas prête.
### Pour l’économie et la confiance
Les scandales alimentaires passés ont marqué les esprits.
Le rapport rappelle que la confiance n’est jamais acquise.
Si l’État ne montre pas une stratégie claire, mesurable, et suivie, la défiance augmente.
Les citoyens se tournent vers des solutions individuelles.
“Je ne sais plus quoi acheter.”
“Je ne fais confiance à personne.”
Cela fragilise le débat public.
### Pour l’environnement
Le rapport relie santé et environnement.
Les plastiques polluent.
Ils se fragmentent.
Ils contaminent les sols.
Ils peuvent remonter dans la chaîne alimentaire.
Donc réduire certains emballages peut avoir un double bénéfice.
Moins de pollution.
Et potentiellement moins de substances qui passent dans les aliments.
Mais cela demande une politique cohérente.
Réduire.
Réutiliser.
Remplacer sans se tromper.
Et mesurer les résultats.
Si tu veux, je peux aussi expliquer avec des exemples très concrets du quotidien.
Par exemple “cantine”, “plats préparés”, “boîtes de conserve”, “poisson”, “bio”.
Pages sources : 3, 7, 14, 23, 26, 27, 28, 39, 40, 42, 43, 44, 45, 70, 91, 99, 100, 101, 103, 114, 136, 146, 153, 166, 169, 176, 189, 190, 191, 198, 199, 200, 201, 203, 207, 208, 209, 217, 218, 220, 230, 232, 233, 236, 237, 249, 250, 251, 254, 258, 259, 260, 270, 271, 272, 273, 274, 276, 280, 287, 299, 326, 339, 340
Alimentation : un levier majeur pour le climat, la santé et la justice sociale
Le problème : Le système alimentaire (production, transformation, transport, vente et consommation) pèse fortement sur le climat et dégrade aussi l’eau, les sols et la biodiversité, tout en générant beaucoup de gaspillage et des coûts sociaux et sanitaires.
Pourquoi c’est important : En France, l’alimentation représente environ 22 % des émissions de gaz à effet de serre : impossible d’atteindre les objectifs climatiques sans agir. Les impacts écologiques (eau plus rare, sols dégradés, biodiversité en recul) menacent la capacité à produire demain et aggravent les risques de hausse des prix et de pénuries. Le rapport évoque aussi des “coûts cachés” très élevés (estimation FAO 2023 : 125 milliards d’euros/an), et des inégalités renforcées quand les prix montent.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
## Ce que le rapport constate
Le rapport dit que notre façon de produire, transformer, transporter, vendre et consommer la nourriture pèse lourd sur le climat.
Il chiffre ce poids.
Le système alimentaire représente environ 22 % des émissions françaises de gaz à effet de serre.
C’est un des plus gros postes, après le transport et le logement.
Il dit aussi que l’impact ne se limite pas au climat.
L’agriculture et l’alimentation abîment l’eau, les sols et la biodiversité.
Il donne des exemples concrets.
L’agriculture utilise beaucoup d’eau.
En France, les usages agricoles représentent 58 % de la consommation d’eau.
Il pointe aussi la pollution.
Les sols et l’eau sont affectés par certains produits utilisés en agriculture.
Cela fragilise les écosystèmes.
Il insiste sur le gaspillage.
On produit, on transporte et on transforme des aliments.
Puis une partie finit à la poubelle.
En 2021, on parle de 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires.
Cela représente 129 kg par personne.
Une grande part vient des ménages.
Le rapport cite aussi 4,3 millions de tonnes de déchets issus des parties comestibles.
Et 47 % seraient générés par les ménages.
Il rappelle que l’impact vient de toute la chaîne.
Pas seulement des champs.
Il y a aussi la transformation, les importations, et le transport.
Le transport des denrées compte près de 20 % des émissions liées à l’alimentation.
Il ajoute un autre angle écologique.
Les emballages, surtout plastiques, augmentent.
En France, 20 % du plastique consommé va vers l’agriculture et l’alimentaire.
Cela alimente la pollution, y compris par les microplastiques.
Enfin, il dit que santé et environnement peuvent aller dans le même sens.
Souvent, une alimentation meilleure pour la santé est aussi moins émettrice de CO2.
Le rapport parle d’une corrélation “généralement positive”.
Mais il souligne aussi des cas difficiles.
Exemple : le poisson.
On en recommande pour la santé.
Mais il y a des tensions avec les stocks, la biodiversité, la souveraineté, et certains contaminants.
## Pourquoi c’est un problème
C’est un problème climatique.
Parce que 22 % des émissions, c’est énorme.
On ne peut pas réussir la baisse des émissions sans agir sur l’alimentation.
C’est un problème écologique.
Parce que l’eau devient plus rare.
Parce que les sols se dégradent.
Parce que la biodiversité recule.
Et parce que ces dégâts réduisent notre capacité à produire demain.
C’est un problème de “double peine”.
On abîme la nature.
Et on fragilise la sécurité alimentaire.
Moins d’eau et des sols moins vivants, c’est moins de récoltes.
Donc plus de risques de hausse des prix et de pénuries.
C’est un problème économique et social.
Le rapport rappelle des “coûts cachés”.
Il cite une estimation de la FAO pour 2023 : 125 milliards d’euros par an en France.
La plus grande part serait liée à la santé.
Une autre part importante à l’environnement.
C’est aussi un problème d’efficacité.
Le gaspillage, c’est de l’énergie, de l’eau, du travail et de l’argent jetés.
Et c’est des émissions “pour rien”.
Enfin, c’est un problème d’inégalités.
Quand les prix montent, beaucoup de ménages baissent la qualité de leur alimentation.
Le rapport note que l’inflation 2022-2023 a fait reculer les achats de bio.
Et a rendu plus difficile l’achat de fruits et légumes.
Or le prix est le premier critère d’achat pour beaucoup de gens.
## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Le rapport dit que les programmes publics actuels ne sont pas assez clairs.
Ils ne sont pas assez “volontaristes”.
Et ils ne sont pas assez efficaces.
Il pointe un problème de méthode.
On a beaucoup misé sur les choix individuels.
“Mangez mieux”, “bougez plus”.
Mais on a moins agi sur ce qui entoure les gens au quotidien.
Le rapport appelle cela l’“environnement alimentaire”.
C’est ce qui est disponible, visible, promu, et à quel prix.
Il montre aussi un problème de coordination.
Il existe beaucoup de plans et de stratégies.
Santé, environnement, agriculture, biodiversité, pesticides, plastiques.
Mais l’ensemble manque de cohérence.
Et il y a peu d’actions vraiment opérationnelles centrées sur l’alimentation, au bon endroit, au bon moment.
Il souligne un manque de pilotage par les résultats.
On mesure mal l’impact réel des actions.
On manque d’indicateurs partagés.
On manque de données collectées de façon régulière.
Donc on ne sait pas assez ce qui marche, où, et pour qui.
Il met en avant des blocages sur des sujets sensibles.
Exemple : les débats sur le Nutri-score ont ralenti des actions.
Le rapport dit qu’il faut avancer plus vite sur ces sujets controversés.
Sinon, on retarde des décisions utiles.
Il montre aussi que certains leviers puissants sont sous-utilisés.
Par exemple : agir sur l’offre.
Réduire progressivement sel, sucres, graisses, additifs.
D’abord par accords.
Puis par règles si ça ne marche pas.
Ou utiliser des taxes plus larges sur les sucres ajoutés.
Il insiste sur un acteur clé trop peu mobilisé.
La grande distribution.
Parce qu’elle influence les prix, les promotions, la mise en avant, et la publicité.
Il pointe enfin une contradiction concrète.
La lutte contre le gaspillage est bonne pour l’environnement.
Mais elle a réduit certains invendus donnés à l’aide alimentaire.
Cela a fragilisé un système déjà sous tension.
Donc une politique peut en déstabiliser une autre si elles ne sont pas pensées ensemble.
## Les conséquences concrètes pour la société
### 1) Des effets visibles sur le climat et les ressources
Si on ne change pas, les émissions restent élevées.
Et les épisodes de sécheresse pèsent plus sur l’agriculture.
Avec des tensions sur l’eau.
Et des conflits d’usage plus fréquents.
### 2) Une alimentation plus chère et plus instable
Quand la production devient plus difficile, les prix montent.
Quand les importations augmentent, on dépend plus de l’extérieur.
Le rapport évoque une balance commerciale défavorable pour certains aliments, comme les fruits et légumes.
Cela fragilise la souveraineté alimentaire.
### 3) Des inégalités qui se creusent
Les ménages modestes arbitrent d’abord sur le prix.
Ils achètent plus souvent des produits bon marché.
Souvent plus transformés.
Souvent moins favorables à la santé.
Le rapport relie l’insécurité alimentaire à plus de problèmes de santé.
Et rappelle que l’obésité est un marqueur d’inégalités sociales.
### 4) Des coûts collectifs qui augmentent
Plus de maladies liées à une mauvaise alimentation.
Donc plus de dépenses de santé.
Et aussi des coûts environnementaux.
Dépollution de l’eau.
Réparation des dégâts.
Perte de biodiversité.
Ce sont des factures payées par la collectivité, tôt ou tard.
### 5) Des tensions sur les choix alimentaires du quotidien
Les messages deviennent plus complexes.
Manger sain.
Manger abordable.
Manger avec moins d’impact.
Ce n’est pas simple, surtout quand l’offre et les prix ne suivent pas.
### 6) Des changements concrets dans l’offre et les règles
Le rapport pousse vers des évolutions qui touchent la vie quotidienne.
Plus de produits moins transformés.
Moins de gaspillage à la maison et dans les cantines.
Plus de bio et d’agroécologie si les soutiens publics sont cohérents.
Moins d’emballages plastiques, surtout à usage unique.
Plus d’informations utiles sur les produits.
Et plus de règles sur la publicité et la composition des aliments, si le volontariat ne suffit pas.
### 7) Un enjeu démocratique local
Le rapport met en avant les Projets Alimentaires Territoriaux.
Ils couvrent déjà une grande partie du territoire.
Ils peuvent relocaliser une part de l’approvisionnement.
Ils peuvent aider les cantines à changer.
Ils peuvent agir sur l’accès social à une alimentation de qualité.
Mais il faut des financements stables.
Et une évaluation sérieuse de ce qui marche.
Au fond, le rapport dit une chose simple.
On ne peut plus traiter l’alimentation seulement comme une affaire de goûts et de choix personnels.
C’est un sujet de climat, de nature, de santé, de pouvoir d’achat, et de justice sociale.
Et l’action publique doit être plus cohérente, plus mesurée, et plus ferme sur les leviers qui transforment réellement l’offre.
Pages sources : 2, 4, 7, 9, 12, 13, 18, 19, 21, 22, 33, 36, 37, 39, 40, 41, 43, 50, 51, 52, 71, 73, 75, 93, 95, 101, 113, 156, 173, 175, 181, 199, 217, 223, 224, 227, 233, 255, 256, 258, 263, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 277, 284, 285, 290, 304, 305, 310, 327, 337, 342, 344, 351, 353, 356, 359, 360, 369
Insécurité alimentaire : une crise durable qui dépasse l’aide d’urgence
Le problème : L’insécurité alimentaire progresse rapidement : en 2022, 16 % des personnes déclarent ne pas avoir assez à manger (environ 11 millions) et 45 % sont touchées par une forme d’insécurité alimentaire. Elle ne se limite pas à la faim : elle conduit aussi à manger moins bien, sauter des repas et choisir des produits qui « calent » plutôt que des aliments de qualité. Les inégalités sociales et territoriales aggravent la situation (déserts alimentaires, prix, accès inégal à la cantine), tandis que le modèle dominant d’aide alimentaire en nature (colis, distributions) atteint ses limites et laisse de côté une partie des personnes éligibles.
Pourquoi c’est important : L’alimentation est un besoin vital et un déterminant majeur de santé : 71 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire déclarent au moins un problème de santé, avec davantage de diabète, maladies cardiovasculaires, obésité et effets sur la santé mentale. La précarité alimentaire s’installe dans la durée, touche aussi des personnes qui travaillent et des étudiants, et creuse les inégalités. Elle a un coût élevé pour la société (dépenses de santé, prévention mal pilotée faute de données) et fragilise la cohésion sociale en faisant de « bien manger » un marqueur social. Les outre-mer cumulent des difficultés plus fortes (prix plus élevés, offre moins diversifiée, obésité plus élevée) et restent insuffisamment intégrés aux politiques nationales.
Ce qui bloque :
Conséquences concrètes :
## Ce que le rapport constate
L’insécurité alimentaire augmente vite.
En 2022, 16 % des personnes disent ne pas avoir assez à manger.
Cela représente environ 11 millions de personnes.
Et 45 % des Français sont touchés par une forme d’insécurité alimentaire.
Ce n’est pas seulement “avoir faim”.
C’est aussi manger moins bien, sauter des repas, ou acheter ce qui cale plutôt que ce qui nourrit.
Le rapport montre que la précarité alimentaire touche plus certains groupes.
Les femmes sont plus exposées.
Les familles monoparentales aussi.
Les personnes immigrées sont souvent plus concernées.
Et les ménages modestes consacrent une part plus grande de leur budget à l’alimentation.
En moyenne 18,3 % contre 14,2 % pour les plus aisés.
Donc, quand les prix montent, l’alimentation devient une variable d’ajustement.
Le rapport insiste aussi sur les inégalités de territoire.
Dans certains endroits, il y a peu de commerces accessibles.
Ou peu de choix de produits frais.
On parle de “déserts alimentaires”.
Cela concerne beaucoup de zones périurbaines et de communes isolées.
Donc, même avec de la volonté, bien manger peut être difficile.
Il constate ensuite les limites de l’aide alimentaire “en nature”.
C’est le modèle des colis, des distributions, des repas.
C’est la forme la plus fréquente.
Mais elle ne touche pas tout le monde.
Environ une personne éligible sur deux n’y accède pas.
Beaucoup ne demandent pas.
Par honte.
Par peur d’être jugé.
Ou parce que les horaires, les files d’attente, la distance, découragent.
Le rapport décrit aussi des problèmes de qualité et de logistique.
Une partie des dons est trop proche de la date limite.
Parfois déjà périmée.
Cela rend la distribution très compliquée.
Et cela peut dégrader la qualité des paniers.
Le rapport note aussi que la lutte contre le gaspillage réduit certains invendus.
C’est bien pour l’environnement.
Mais cela fragilise un système d’aide qui dépendait de ces invendus.
Il souligne enfin une fragilité humaine du système.
L’aide en nature repose beaucoup sur des bénévoles.
Or il y a une crise des vocations.
Et il y a parfois trop d’associations sur un même territoire, sans coordination.
Cela crée des doublons ici.
Et des “zones blanches” ailleurs.
Face à ces limites, le rapport met en avant des solutions qui donnent plus de choix.
Par exemple des aides sous forme d’argent dédié, de cartes, de chèques.
Ou des épiceries solidaires.
Ou des groupements d’achat.
L’idée est simple : redonner du choix et de la dignité.
Et mieux s’adapter aux besoins réels des familles.
Mais le rapport dit aussi que ces solutions restent locales.
Elles changent rarement d’échelle.
Elles sont peu évaluées.
Donc on ne sait pas assez ce qui marche vraiment, où, et pour qui.
Le rapport insiste sur l’importance d’agir “au bon niveau”, c’est-à-dire dans les territoires.
Il met en avant les Projets alimentaires territoriaux (PAT).
Ce sont des démarches locales qui rassemblent collectivités, associations, producteurs, parfois écoles et hôpitaux.
Il y en a 458 reconnus.
Ils couvrent 63 % de la surface agricole.
Ils peuvent relocaliser une partie des achats.
Créer des circuits courts.
Soutenir une agriculture plus durable.
Et organiser des actions d’accès social à l’alimentation.
Mais il constate que les PAT manquent souvent de moyens stables.
Les postes d’animation sont parfois précaires.
Et seulement une minorité de PAT est vraiment évaluée.
Donc on a une dynamique.
Mais fragile.
Et difficile à piloter.
Le rapport met aussi la restauration collective comme levier majeur.
Cantines scolaires, hôpitaux, Ehpad, restaurants administratifs.
C’est 3,2 milliards de repas par an.
C’est un endroit où l’on peut garantir un repas équilibré.
Surtout pour les enfants.
Surtout pour les publics “captifs”, qui n’ont pas d’alternative simple.
Il rappelle que l’accès à la cantine est très inégal.
Selon les territoires.
Selon les revenus.
Et selon l’organisation locale.
Il cite des dispositifs comme “la cantine à 1 €”.
Mais il montre aussi que la gratuité pour les familles très modestes n’est pas mise en place.
Enfin, le rapport insiste fortement sur les outre-mer.
Il constate des inégalités plus fortes qu’en métropole.
L’obésité y est plus élevée.
22,4 % des adultes en outre-mer contre 17,9 % en métropole.
Et l’écart est encore plus marqué pour les femmes.
Il souligne aussi une offre alimentaire souvent moins diversifiée.
Et des prix plus élevés.
Il note que les politiques nationales prennent encore trop peu en compte ces réalités.
Même quand un “volet outre-mer” existe, ce n’est pas suffisant.
Le rapport demande que l’outre-mer soit intégré partout, systématiquement.
Pas traité à part, en annexe.
---
## Pourquoi c’est un problème
Parce que manger est un besoin de base.
Et parce que l’alimentation conditionne la santé.
Quand on mange moins bien, on tombe plus souvent malade.
Le rapport rappelle que 71 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire déclarent au moins un problème de santé.
On y trouve plus de diabète.
Plus de maladies cardiovasculaires.
Plus d’obésité.
Et aussi des effets sur la santé mentale, surtout chez les jeunes adultes.
Parce que la précarité alimentaire n’est pas un accident isolé.
Elle s’installe.
Elle touche des personnes qui travaillent.
Des étudiants.
Des familles.
Et elle peut durer.
Elle oblige à des stratégies de survie.
Réduire les portions.
Sauter des repas.
Acheter des produits très bon marché, souvent plus gras, plus sucrés, plus salés.
Parce que cela creuse les inégalités.
Les personnes qui ont moins de revenus ont moins de marge.
Elles subissent plus l’inflation.
Elles vivent plus souvent dans des zones mal desservies.
Elles ont moins accès à l’information utile.
Et elles sont plus exposées à une offre alimentaire de moindre qualité.
Parce que cela coûte cher à la société.
Le rapport rappelle des coûts très élevés liés au surpoids et à l’obésité.
Il cite une estimation de 20 milliards d’euros de coût social (chiffre ancien).
Et il souligne qu’on manque de mesures récentes et complètes.
Donc on dépense beaucoup en soins.
Mais on pilote mal la prévention.
Parce que le modèle actuel d’aide en nature peut humilier.
Il peut imposer des produits.
Il peut ne pas respecter les habitudes culturelles.
Il peut être vécu comme une mise à l’écart.
Et il laisse de côté beaucoup de personnes qui n’osent pas demander.
Parce que certains publics n’ont pas les moyens matériels de cuisiner.
Le rapport cite les personnes hébergées à l’hôtel social.
Beaucoup d’hôtels sont mal équipés.
Donc même avec des produits, cuisiner est difficile.
Dans ces cas, l’aide en nature reste indispensable.
Mais elle doit être sécurisée et de meilleure qualité.
---
## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique
Première limite : on répond surtout par l’urgence.
On distribue.
On colmate.
Mais on transforme peu les causes.
Le rapport montre que l’aide alimentaire est devenue la réponse principale.
Alors que la précarité alimentaire est massive et durable.
Cela ressemble à une politique de “gestion de crise” permanente.
Deuxième limite : on cible mal.
On ne voit pas assez les “non-recourants”.
Ceux qui ont besoin mais ne demandent pas.
Or ils peuvent être beaucoup plus nombreux que les bénéficiaires visibles.
Le rapport dit même que le programme “Mieux manger pour tous” ne touche que les bénéficiaires de l’aide alimentaire.
Donc il peut laisser de côté une grande partie des personnes en difficulté.
Troisième limite : on manque de données et d’évaluation.
On ne mesure pas assez l’ampleur réelle.
On ne suit pas assez les résultats.
On ne sait pas bien quelles actions réduisent vraiment la précarité alimentaire.
Et on ne sait pas assez ce qui marche dans les outre-mer.
Sans mesure, on pilote à l’aveugle.
Quatrième limite : trop de dispositifs, pas assez de cohérence.
Le rapport pointe des doublons entre programmes nationaux.
Des actions proches, répétées, pas toujours lisibles.
Et une gouvernance qui ne suit pas.
Par exemple, le comité interministériel du PNA ne s’est réuni qu’une fois depuis 2019.
Donc la coordination nationale est faible.
Cinquième limite : on compte trop sur le volontariat.
Pour améliorer l’offre alimentaire, beaucoup d’actions reposent sur des engagements volontaires des industriels ou des distributeurs.
Le rapport dit que c’est insuffisant.
Et que les mesures “peu contraignantes” changent peu l’environnement alimentaire.
Résultat : l’offre reste majoritairement riche en produits gras, salés, sucrés.
Et la grande distribution n’est pas assez mobilisée.
Sixième limite : les politiques ne sont pas assez territorialisées de façon stable.
Les PAT sont une bonne idée.
Mais leur financement est fragile.
Leur animation dépend de contrats courts.
Et l’évaluation est rare.
Donc on a des îlots de réussite.
Mais pas une couverture solide et durable.
Septième limite : l’outre-mer reste trop souvent un “cas particulier”.
Le rapport dit qu’il faut l’intégrer partout.
Dans les outils de suivi.
Dans les actions sur l’offre.
Dans la restauration scolaire.
Dans les politiques de prix et de qualité.
Sinon, on entretient des inégalités structurelles.
---
## Les conséquences concrètes pour la société
Des enfants qui n’ont pas un repas équilibré garanti.
Cela joue sur la croissance.
La concentration à l’école.
La fatigue.
Et les apprentissages.
La cantine peut compenser.
Mais si l’accès est inégal, l’inégalité scolaire augmente.
Des adultes qui vivent avec l’angoisse de manquer.
Cela abîme la santé mentale.
Cela augmente le stress.
Cela fragilise la vie familiale.
Et cela peut isoler socialement.
Plus de maladies évitables.
Plus de diabète.
Plus d’hypertension.
Plus de complications cardiovasculaires.
Et plus d’obésité, surtout dans les milieux populaires et certains territoires.
Donc plus de dépenses de santé.
Et plus de pertes de qualité de vie.
Une société où “bien manger” devient un marqueur social.
Les plus aisés peuvent choisir.
Les autres subissent les prix, l’offre locale, et le marketing.
Cela crée un sentiment d’injustice.
Et une défiance envers les institutions.
Un système d’aide alimentaire sous tension permanente.
Moins de dons.
Des produits plus difficiles à distribuer.
Moins de bénévoles.
Plus de demande.
Donc un risque de rupture.
Et une dépendance à des solutions instables.
Des territoires qui se découragent.
Quand un PAT fonctionne, il peut créer du lien.
Entre producteurs, cantines, associations, habitants.
Mais si les financements s’arrêtent, tout retombe.
On perd des compétences.
On perd du temps.
Et on recommence ailleurs.
Des inégalités renforcées entre métropole et outre-mer.
Avec des prix plus élevés.
Une offre moins favorable.
Et des indicateurs de santé plus mauvais.
Cela alimente un sentiment d’abandon.
Et cela pèse sur les services de santé locaux.
Au final, le rapport pousse une idée simple.
Garantir une alimentation digne ne peut pas reposer seulement sur des colis et des dons.
Il faut aussi donner du choix.
Organiser l’action au niveau des territoires.
Utiliser la restauration collective comme filet de sécurité.
Et intégrer l’outre-mer dans toutes les décisions, tout le temps.
Pages sources : 2, 6, 9, 10, 11, 15, 18, 23, 29, 30, 31, 33, 34, 35, 40, 41, 47, 48, 50, 51, 52, 55, 63, 65, 69, 70, 71, 72, 78, 79, 80, 81, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 100, 101, 106, 107, 108, 109, 111, 112, 113, 115, 118, 121, 122, 125, 126, 135, 142, 146, 154, 155, 161, 163, 164, 165, 167, 168, 169, 171, 172, 174, 175, 176, 178, 179, 183, 187, 189, 191, 198, 213, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 237, 239, 241, 242, 250, 253, 256, 257, 261, 262, 265, 272, 275, 276, 277, 278, 279, 281, 282, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 290, 291, 292, 293, 295, 300, 301, 302, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 334, 335, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 364, 365, 366, 369
# Évaluation du programme national pour l'alimentation et du programme national nutrition santé ## Trop de plans, pas de cap : l’État doit unifier sa politique alimentaire Le rapport demande de faire de la Snanc la stratégie commune, pour coordonner les actions, agir sur l’environnement alimentaire et mieux mesurer les résultats. ## Sommaire * Une stratégie nationale unique « alimentation–nutrition–climat » pour donner un cap * Mieux organiser et piloter les programmes (qui fait quoi, et avec quel suivi) * Mesurer ce qui marche : données, indicateurs et évaluation des actions * Prévenir et prendre en charge la malnutrition, le surpoids et l’obésité * Changer l’environnement alimentaire (offre, prix, marketing) plutôt que seulement les comportements * Mieux informer le public : Nutri-Score, repères nutritionnels et encadrement des messages * Aliments ultra-transformés : clarifier, rechercher et agir avec prudence * Sécurité sanitaire et risques chimiques : contaminants, additifs, emballages et plastiques * Réduire l’impact climatique et écologique du système alimentaire * Accès à une alimentation digne : précarité alimentaire, territoires, outre-mer et restauration collective * Acronymes * Version Markdown complète ## En clair * Les politiques publiques sur l’alimentation sont nombreuses mais manquent d’un cap unique et lisible ; le rapport propose de faire de la Snanc la stratégie « chapeau » qui relie toute la chaîne, de la ferme à l’assiette. * La gouvernance est trop éclatée (PNA et PNNS pilotés séparément), avec des doublons et peu de pilotage politique régulier, ce qui rend l’action publique confuse et moins efficace. * Les moyens, la planification opérationnelle, le suivi et l’évaluation sont insuffisants : il manque des données récentes, des indicateurs clairs et une part faible des actions prévues est réellement réalisée. * L’État mise trop sur le changement des comportements individuels et pas assez sur l’environnement alimentaire (prix, publicité, promotions, offre en magasin et en cantine), ce qui entretient les inégalités et limite les résultats. * Les conséquences touchent tout le monde : santé (surpoids, obésité, dénutrition), précarité alimentaire, climat et biodiversité, souveraineté agricole, et confiance démocratique quand les plans s’accumulent sans résultats visibles. ## Fiche décideur **Constat :** Les politiques publiques sur l’alimentation existent (PNA, PNNS et de nombreux plans liés à la santé, l’agriculture, le climat, la pauvreté, le gaspillage), mais elles manquent d’un cap unique et d’une gouvernance solide. L’ensemble est peu lisible, parfois redondant, et insuffisamment piloté au niveau politique. Les actions prévues sont incomplètement réalisées (environ 10 % réalisées) et l’évaluation est trop faible, faute de données récentes, d’indicateurs clairs et de suivi régulier. L’action publique repose trop sur l’information et le changement de comportements individuels, alors que l’environnement alimentaire (prix, publicité, promotions, offre disponible, restauration collective) pousse souvent dans le sens inverse. **Problème :** Sans stratégie “chapeau” réellement opérationnelle et sans alignement entre santé, agriculture, climat et social, les politiques peuvent se contredire, perdre en efficacité et creuser les inégalités. On demande beaucoup aux individus (manger mieux) alors que les contraintes de prix, de marketing et d’offre rendent les choix favorables à la santé difficiles, surtout pour les ménages modestes. Le manque de pilotage par les résultats empêche de savoir ce qui marche, de corriger rapidement et de rendre des comptes, ce qui fragilise la confiance. **Blocages :** * Gouvernance éclatée et pilotage politique irrégulier : PNA et PNNS peu articulés, coordination “au fil de l’eau”, comités interministériels peu réunis, responsabilités floues. * Architecture trop complexe et peu lisible : multiplication de plans et dispositifs, doublons, frontières floues entre stratégie et actions, difficulté à hiérarchiser les priorités. * Faiblesse des moyens, du suivi et de l’évaluation : ressources humaines et budgétaires insuffisamment identifiées, manque de données récentes (attente des résultats Albane en 2027-2028), indicateurs et cibles trop peu définis, actions souvent seulement “en cours”, leviers structurants freinés par controverses et par le volontariat (publicité, Nutri-Score non obligatoire, ultra-transformés mal définis). **Leviers :** * Confirmer la Snanc comme stratégie “chapeau” et clarifier l’architecture : la Snanc fixe la direction, PNA/PNNS mettent en œuvre, avec des priorités nettes et une répartition explicite des rôles (national/régional/territorial). * Renforcer la gouvernance et le pilotage : instance commune, arbitrages réguliers au bon niveau politique, coordination intersectorielle (santé-agriculture-climat-social), et mobilisation des acteurs structurants (grande distribution, restauration collective, industriels). * Passer à un pilotage par les résultats et agir sur l’environnement alimentaire : définir des indicateurs de réalisation et d’impact avec des cibles, organiser la collecte de données, évaluer les actions locales (PAT, dispositifs d’accès social), et utiliser des leviers plus efficaces (encadrement de la publicité, amélioration/extension de l’étiquetage, action sur prix/promotions/offre, soutien cohérent aux filières pour éviter les effets pervers et les importations). ## Une stratégie nationale unique « alimentation–nutrition–climat » pour donner un cap **Alimentation : trop de plans, pas de cap commun — faire de la Snanc la stratégie de référence** **Le problème :** L’État dispose de nombreux programmes liés à l’alimentation (nutrition, agriculture, climat, environnement, social), mais ils manquent d’un cadre unique et lisible. La coordination est insuffisante, les dispositifs sont complexes, et l’action publique mise trop sur le changement de comportements individuels plutôt que sur l’environnement alimentaire (prix, publicité, offre, cantine, étiquetage). Résultat : des politiques parfois contradictoires et des progrès jugés fragiles, avec une évaluation trop faible. **Pourquoi c’est important :** L’alimentation relie directement santé, climat, biodiversité, revenus agricoles, prix pour les ménages et souveraineté alimentaire. Sans alignement, les mesures peuvent se neutraliser ou produire des effets pervers (plus d’importations, fragilisation des filières, inégalités d’accès). Un cap commun est nécessaire pour rendre l’action publique compréhensible, efficace et redevable. **Ce qui bloque :** * Gouvernance éclatée et coordination trop informelle entre programmes (pilotages séparés, arbitrages insuffisants) * Architecture trop compliquée : multiplication des plans et dispositifs, doublons, frontières floues entre stratégie et actions * Manque de moyens, de planification opérationnelle et de suivi/évaluation (données, indicateurs, cibles) pour piloter et corriger **Conséquences concrètes :** * Pour les citoyens : messages multiples et parfois incohérents, culpabilisation, conseils difficiles à suivre quand l’offre et les prix ne suivent pas, aggravation des inégalités * Pour la santé publique : prévention trop lente face aux coûts humains et financiers de la malnutrition (dont surpoids et obésité), avec un report sur le système de soins * Pour le climat, la biodiversité et l’économie agricole : transition désordonnée ou insuffisante (chaîne alimentaire ~22% des émissions), risque accru d’importations, fragilisation des filières et perte de souveraineté 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Aujourd’hui, l’État a plusieurs programmes et plans qui parlent d’alimentation. Il y a des textes sur la nutrition et la santé. Il y a des textes sur l’agriculture et l’alimentation. Il y a aussi des plans sur le climat, l’environnement, les pesticides, le bio, la pauvreté, le gaspillage. Le rapport dit que tout cela manque d’un cap unique. Il manque un cadre commun qui relie clairement toute la chaîne. De la ferme jusqu’à l’assiette. Ce cadre commun existe sur le papier. C’est la Stratégie nationale alimentation–nutrition–climat (Snanc). Le rapport demande de la confirmer comme stratégie “chapeau”. C’est-à-dire la référence au-dessus des autres programmes. Le rapport constate aussi que les programmes actuels sont difficiles à lire. Ils sont peu compréhensibles pour le public. Et même pour les acteurs qui doivent les appliquer. Il constate enfin que les résultats ne sont pas à la hauteur. Malgré plus de 20 ans de politiques nutrition et alimentation. Les progrès restent fragiles. Et l’évaluation est insuffisante. \--- ### Pourquoi c’est un problème Sans cap unique, chaque politique avance dans son couloir. Chacun a ses priorités. Santé d’un côté. Agriculture de l’autre. Climat ailleurs. Social encore ailleurs. Mais l’alimentation mélange tout. Ce que l’on produit influence ce que l’on mange. Ce que l’on mange influence la santé. La façon de produire influence le climat et la biodiversité. Les prix influencent l’accès à une alimentation correcte. Donc si les politiques ne sont pas alignées, elles peuvent se contredire. Exemple simple. On peut encourager à manger plus de protéines végétales. Mais si on n’aide pas assez les agriculteurs à en produire en France, on importera plus. On perd en souveraineté alimentaire. Et on peut importer des produits moins bien-disants. Autre exemple. On peut dire “mangez moins de viande rouge” pour la santé et le climat. Mais si on ne prévoit pas en même temps un accompagnement des éleveurs, on fragilise des exploitations. Et on risque de remplacer la production française par des importations. Le rapport dit aussi que l’action publique mise trop sur “changer les comportements”. On dit aux gens quoi faire. Mais on agit moins sur “l’environnement alimentaire”. C’est-à-dire ce qui pousse concrètement à acheter et manger. Les prix. La publicité. La qualité des produits disponibles. La place des produits ultra-transformés. L’offre en cantine. L’étiquetage. Résultat. On demande beaucoup aux individus. Mais on change trop peu le système autour d’eux. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique **1) Une gouvernance trop éclatée** Le rapport décrit deux programmes (PNA et PNNS) avec des pilotages séparés. La coordination se fait surtout “au fil de l’eau”. Par échanges entre services. Ce n’est pas assez solide pour piloter un sujet aussi transversal. Il faut une gouvernance commune. Avec des décisions claires. Et un pilotage politique fort. **2) Une architecture trop compliquée** Trop de plans. Trop de dispositifs. Des actions qui se doublonnent. Des frontières floues entre “stratégie” et “actions concrètes”. Le rapport demande de répartir clairement les rôles. La Snanc fixe la direction. Les programmes (PNA, PNNS) mettent en œuvre. Et chacun doit avoir des priorités nettes. **3) Un manque de moyens et de planification opérationnelle** Le rapport demande d’identifier les ressources humaines et budgétaires nécessaires. Parce qu’une stratégie sans moyens devient un affichage. **4) Une faiblesse du suivi et de l’évaluation** Le rapport insiste sur le manque de données fiables et régulières. Sans indicateurs, on ne sait pas ce qui marche. On ne sait pas ce qui doit être corrigé. On ne peut pas rendre de comptes. Il demande des indicateurs de réalisation et d’impact. Avec des cibles. Et une collecte organisée. **5) Une difficulté à concilier des objectifs qui tirent parfois dans des sens différents** Santé, climat, emploi, revenus agricoles, prix pour les ménages, souveraineté. Tout est lié. Mais l’État a du mal à arbitrer et à organiser les “co-bénéfices”. Et à éviter les effets pervers. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société **Pour les citoyens** On reçoit des messages multiples. Parfois incohérents. On ne sait plus ce qui est prioritaire. On culpabilise plus facilement. Surtout quand on a peu de moyens. Et quand l’offre ne suit pas, les conseils restent théoriques. Si les produits sains sont plus chers. Si la publicité pousse vers d’autres produits. Si la cantine ne change pas. Alors les inégalités se creusent. **Pour la santé publique** Le rapport rappelle des coûts humains et financiers élevés liés à la malnutrition. Cela inclut le surpoids et l’obésité. Mais aussi d’autres formes de mauvaise alimentation. Et cela touche plus durement certains groupes sociaux. Sans stratégie claire et efficace, la prévention avance trop lentement. Et le système de soins récupère les dégâts. **Pour le climat et la biodiversité** Le rapport rappelle que la chaîne alimentaire pèse lourd dans les émissions françaises. Environ 22% des gaz à effet de serre. Et elle pèse aussi sur la biodiversité. Sans cap commun, on peut rater la transition. Ou la faire de façon désordonnée. Avec des mesures qui ne s’additionnent pas. Ou qui se neutralisent. **Pour l’agriculture et l’économie** Sans cohérence entre production et consommation, on fragilise la souveraineté alimentaire. On peut dépendre davantage des importations. On peut déstabiliser des filières. On peut rater le virage vers des pratiques plus durables, comme le bio, faute de soutien cohérent. Le rapport signale aussi que certaines politiques de soutien sont peu ambitieuses. Et que des aides peuvent être sous-utilisées ou réorientées. Ce qui ralentit la transition. **Pour les territoires** Les Projets Alimentaires Territoriaux montrent une dynamique locale réelle. Circuits courts. Approvisionnement local. Accès social à l’alimentation. Éducation. Mais sans cadre national clair, ces projets restent inégaux selon les régions. Et leur financement peut être fragile. Le rapport demande de sécuriser et d’évaluer ces projets. Pour qu’ils deviennent un vrai levier, pas une addition d’initiatives isolées. **Pour la confiance démocratique** Quand il y a beaucoup de plans mais peu de résultats visibles, la confiance baisse. Les gens ont l’impression que “ça communique” plus que “ça change”. Le rapport met en garde contre des effets d’affichage décevants. \--- Au fond, le rapport dit une chose simple. L’alimentation est un sujet unique. Mais l’État la traite encore trop souvent en morceaux. La Snanc doit devenir le cap commun. Sinon, les politiques restent difficiles à comprendre. Et elles restent trop faibles face aux enjeux de santé, de précarité et de climat. Pages sources : 2, 4, 6, 8, 9, 18, 19, 20, 42, 71, 73, 74, 75, 76, 93, 94, 95, 101, 102, 103, 135, 148, 149, 236, 251, 252, 263, 303, 304, 305, 359 ## Mieux organiser et piloter les programmes (qui fait quoi, et avec quel suivi) **Alimentation et nutrition : deux programmes publics, une gouvernance trop dispersée** **Le problème :** Le PNA (alimentation) et le PNNS (nutrition-santé) fonctionnent avec des organisations séparées, une coordination souvent informelle, des doublons d’actions et un pilotage politique irrégulier. Le suivi est faible, les données sont insuffisantes et seule une petite part des actions prévues est réellement réalisée, ce qui rend l’ensemble peu lisible et moins efficace. **Pourquoi c’est important :** Sans direction commune, responsabilités claires et évaluation solide, l’action publique risque de financer des mesures peu utiles, de laisser durer les blocages et de réduire l’impact sur la santé et les inégalités. Une gouvernance plus claire est nécessaire pour décider, prioriser, mesurer les résultats et agir sur l’environnement alimentaire (prix, publicité, offre, restauration collective), pas seulement sur les comportements individuels. **Ce qui bloque :** * Coordination insuffisante entre PNA et PNNS : instances séparées, échanges au cas par cas, liens peu clairs avec les autres plans * Pilotage politique irrégulier : comités interministériels peu ou pas réunis depuis 2019, arbitrages et priorités instables * Évaluation et suivi faibles : bilans incomplets, priorités mal hiérarchisées, manque de données à jour pour mesurer résultats, impacts et coûts **Conséquences concrètes :** * Actions inégales selon les territoires et messages publics dispersés, créant confusion et lassitude chez les citoyens * Creusement des inégalités et moindre efficacité pour les enfants et adolescents, avec hausse du surpoids et de l’obésité et effets durables * Plus de maladies évitables et de dépenses de santé, complexité accrue pour collectivités et associations, transition économique et environnementale ralentie 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Il existe deux grands programmes publics sur l’alimentation et la nutrition. Le PNA parle surtout d’alimentation au sens large. Le PNNS parle surtout de nutrition et de santé. Le rapport dit que ces deux programmes ne sont pas assez bien “tenus ensemble”. Leur organisation globale est difficile à comprendre. Leurs liens avec d’autres plans publics sont peu clairs. Concrètement, le rapport observe plusieurs choses. D’abord, chacun a sa propre organisation. Chacun a ses propres instances. Mais la coordination entre les deux se fait souvent “au feeling”. Par des échanges entre services. Sans cadre commun solide. Ensuite, il y a des doublons. Des actions très proches existent dans les deux programmes. Par exemple sur la précarité alimentaire. Sur l’information des consommateurs. Sur l’offre alimentaire. Sur l’éducation et la formation. Cela rend l’ensemble moins lisible. Le rapport note aussi un manque de pilotage politique régulier. Des comités censés se réunir ne se réunissent pas. Exemple marquant : le comité interministériel pour la santé ne s’est pas réuni depuis 2019. Et le comité de pilotage interministériel du PNA ne s’est réuni qu’une fois depuis 2019. Autre constat important : le suivi est faible. Les bilans d’actions ne sont pas complets. Ils ne sont pas bien hiérarchisés. On ne sait pas toujours ce qui est prioritaire. Et surtout, il manque des données à jour. Donc on mesure mal les résultats. On mesure mal l’impact réel sur la santé. Et on mesure mal les coûts ou économies pour la collectivité. Enfin, le rapport rappelle un fait simple. Une petite partie des actions prévues est réellement réalisée. Environ 10 % sont réalisées. Beaucoup sont “en cours”. Et une part non négligeable est partiellement faite ou pas faite. Face à cela, le rapport recommande une gouvernance commune. Une organisation “chapeau” plus claire. Avec une stratégie nationale qui donne la direction. Et des responsabilités mieux réparties. Au niveau national et au niveau régional. \--- ### Pourquoi c’est un problème Quand “qui fait quoi” n’est pas clair, personne n’est pleinement responsable. Chacun peut penser que l’autre s’en occupe. Ou que ce n’est pas son rôle. Les doublons coûtent cher. Ils prennent du temps. Ils mobilisent des équipes sur des tâches similaires. Au lieu de renforcer ce qui manque. Le manque de réunions politiques régulières est un signal fort. Cela veut dire que le sujet n’est pas suivi au bon niveau. Ou pas assez souvent. Donc les blocages durent. Les arbitrages ne sont pas rendus. Les priorités changent au gré du contexte. Le manque de suivi et de données pose un autre problème. On ne sait pas ce qui marche. On ne sait pas ce qui ne marche pas. Donc on risque de financer des actions peu utiles. Et de laisser de côté des actions plus efficaces. Cela rend aussi l’action publique fragile face aux controverses. Quand un sujet est disputé, il faut une ligne claire. Il faut décider. Sinon, on reporte. Et on perd du temps sur des mesures importantes. Enfin, si seulement une petite part des actions prévues est réalisée, il y a un écart entre les annonces et la réalité. Cet écart abîme la confiance. Et il réduit l’impact sur la santé et sur les inégalités. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Cela montre une difficulté classique de l’État. Beaucoup d’acteurs. Beaucoup de plans. Beaucoup de documents. Mais pas assez de direction unique. Cela montre aussi un problème de continuité. Les programmes durent plusieurs années. Mais les priorités politiques peuvent bouger vite. Les moyens peuvent diminuer. Et les équipes sur le terrain doivent s’adapter en permanence. Cela révèle un fonctionnement trop “en silos”. La santé d’un côté. L’agriculture de l’autre. L’éducation de l’autre. Le social de l’autre. Alors que l’alimentation touche tout en même temps. Cela montre aussi une limite de méthode. On mise beaucoup sur les comportements individuels. On dit aux gens “mangez mieux”. Mais on agit moins sur ce qui entoure les choix. Les prix. La publicité. La disponibilité des produits. La qualité de l’offre. La restauration collective. C’est pourtant là que les effets peuvent être plus forts. Enfin, cela met en évidence une faiblesse d’évaluation. Sans indicateurs simples et suivis dans le temps, on pilote à l’aveugle. On ne peut pas corriger rapidement. On ne peut pas prouver l’utilité des dépenses. Et on ne peut pas apprendre de ce qui a été tenté. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société Pour les citoyens, cela se traduit par des actions inégales selon les territoires. Certaines régions sont bien organisées. D’autres moins. Donc l’accès à des actions utiles dépend du lieu où l’on vit. Cela se traduit aussi par des messages publics parfois dispersés. Plusieurs programmes. Plusieurs logos. Plusieurs campagnes. Des priorités pas toujours lisibles. Cela peut créer de la confusion. Ou de la lassitude. Pour les personnes les plus modestes, le risque est plus grand. Car elles subissent davantage l’environnement alimentaire. Prix élevés des produits de meilleure qualité. Offre moins favorable dans certains quartiers. Pression publicitaire. Moins de marge de choix. Si l’action publique est mal coordonnée, les inégalités se creusent. Pour les enfants et les adolescents, l’enjeu est majeur. Le rapport rappelle la hausse du surpoids et de l’obésité. Si les actions sont dispersées, on perd en efficacité. Or les habitudes se construisent tôt. Et les conséquences durent longtemps. Pour le système de santé, cela veut dire plus de maladies évitables. Plus de diabète. Plus de maladies cardiovasculaires. Plus de complications liées à l’obésité. Donc plus de dépenses. Et plus de pression sur les soins. Pour les collectivités et les associations, cela veut dire plus de complexité. Beaucoup d’appels à projets. Beaucoup de dossiers. Des financements parfois courts. Des règles différentes selon les dispositifs. Cela prend du temps. Et cela décourage. Pour l’économie et l’environnement, cela peut aussi freiner la transition. Car l’alimentation touche le climat, l’eau, les sols, la biodiversité. Si la gouvernance est floue, on avance moins vite. Et on peut même avoir des actions qui se contredisent. Au final, la société paie deux fois. Elle paie par l’impôt pour des actions mal pilotées. Et elle paie par les conséquences sanitaires et sociales quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Pages sources : 5, 6, 7, 8, 9, 18, 19, 20, 21, 42, 54, 55, 56, 57, 59, 69, 70, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 105, 106, 109, 110, 111, 115, 116, 117, 118, 122, 125, 130, 133, 134, 135, 142, 143, 144, 145, 146, 148, 149, 162, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 186, 237, 238, 241, 242, 243, 252, 323, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370 ## Mesurer ce qui marche : données, indicateurs et évaluation des actions **Politiques d’alimentation : on agit, mais on mesure trop peu ce qui marche** **Le problème :** Le rapport constate qu’on ne sait pas assez bien quelles politiques publiques en alimentation et nutrition sont efficaces, faute de données récentes, d’indicateurs clairs et d’un suivi rigoureux de la mise en œuvre et des résultats. **Pourquoi c’est important :** L’enjeu est majeur : près d’un adulte sur deux est en surpoids et environ 18 % sont obèses. Sans mesures fiables, on ne peut pas vérifier si l’action publique améliore réellement la santé, réduit les maladies chroniques et utilise correctement l’argent public. **Ce qui bloque :** * Données insuffisantes ou trop anciennes, parfois partielles et difficilement comparables ; trou de plusieurs années avant les résultats de la nouvelle enquête Albane (attendus en 2027-2028). * Indicateurs souvent vagues ou absents : pas de cibles chiffrées, pas de méthode de calcul stable, confusion entre activités réalisées et résultats obtenus. * Suivi et évaluation faibles : nombreuses actions non réalisées ou seulement partiellement ; évaluation locale limitée (guide Evalin peu utilisé, minorité de PAT évalués) et pilotage complexe avec des dispositifs mal articulés. **Conséquences concrètes :** * Décisions publiques moins justes et moins efficaces : ciblage imprécis, difficulté à repérer ce qui fonctionne, maintien d’actions peu utiles et apprentissage lent. * Inégalités aggravées : manque de mesures fines par territoire et catégorie sociale, réaction trop tardive, absence de statistique publique continue et comparable sur la précarité alimentaire. * Coûts et impacts sanitaires plus lourds : progression de l’obésité détectée trop tard, bascule vers des soins lourds plutôt que la prévention, dépenses élevées pour la société et confiance publique affaiblie par l’absence de résultats vérifiables. 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Le rapport dit une chose simple. On ne sait pas assez bien **ce qui marche** dans les politiques publiques sur l’alimentation et la nutrition. Il constate d’abord un manque de **données récentes** sur la situation réelle. Par exemple sur le surpoids, l’obésité, les habitudes alimentaires, l’activité physique, ou l’exposition à certains risques dans l’alimentation. On a des sources. Mais elles sont parfois anciennes. Ou partielles. Ou pas comparables entre elles. Le rapport rappelle pourtant que l’enjeu est massif. Près d’un adulte sur deux est en surpoids. Et environ 18 % sont obèses. Donc on a besoin de savoir si les actions publiques changent vraiment ces chiffres. Il constate aussi un manque d’**indicateurs clairs**. Un indicateur, c’est une mesure simple qui permet de suivre un objectif. Exemple : “part des enfants qui mangent des fruits et légumes chaque jour”. Ou “évolution du taux d’obésité”. Or, beaucoup d’actions sont décrites avec des mots vagues. Sans cible chiffrée. Sans méthode de calcul stable. Donc on ne peut pas dire si l’action a réussi. Le rapport montre aussi un problème de **suivi de la mise en œuvre**. Beaucoup d’actions prévues ne sont pas faites. Ou seulement en partie. Au total, environ 10 % des actions seraient “réalisées”. Et une part importante est “en cours”. Mais “en cours” peut durer longtemps. Et “partiellement réalisé” peut cacher un résultat faible. Enfin, le rapport insiste sur un point concret. Les grandes enquêtes qui donnent une photo fiable de la population ont un trou dans le temps. Les anciennes enquêtes (INCA et Esteban) sont remplacées par une nouvelle enquête, **Albane**. Mais les premiers résultats sont attendus en 2027-2028. Donc pendant des années, on pilote avec une vision incomplète. Le rapport dit aussi que l’évaluation des actions locales est faible. Il existe un guide pour aider à évaluer (Evalin). Mais il est peu utilisé. Et beaucoup de projets locaux ne sont pas évalués. Par exemple, seule une minorité de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) a été évaluée. \--- ### Pourquoi c’est un problème Parce que sans données récentes, on agit un peu “à l’aveugle”. On peut avoir de bonnes intentions. Mais on ne sait pas si on améliore vraiment la santé des gens. Sans indicateurs clairs, on confond facilement trois choses. 1) “On a lancé une action.” 2) “On a fait des activités.” 3) “On a obtenu un résultat.” Exemple simple. Distribuer des flyers, faire une campagne, organiser des ateliers. Ce sont des activités. Mais la vraie question est : est-ce que ça change les comportements ? Et surtout : est-ce que ça réduit le surpoids, l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, certains cancers ? Le rapport souligne aussi un autre risque. Quand on ne mesure pas, on ne peut pas comparer. On ne peut pas repérer les actions efficaces. On ne peut pas arrêter celles qui ne servent pas. On ne peut pas améliorer ce qui est moyen. Et quand les actions ne sont pas suivies, on ne sait pas si l’État tient ses engagements. Ni si l’argent public est bien utilisé. Ni si les territoires sont aidés de façon équitable. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Cela révèle une limite de méthode. L’action publique produit beaucoup de plans, de programmes, de listes d’actions. Mais elle a du mal à se donner une règle simple : “On fixe un objectif mesurable, on suit, on corrige.” Cela révèle aussi une limite de pilotage. Le rapport décrit des programmes nombreux, parfois mal articulés. Avec des liens pas toujours clairs entre les dispositifs. Quand la structure est complexe, l’évaluation devient plus difficile. Et chacun suit ses propres outils. Cela révèle une limite de choix politiques. Le rapport note que les leviers les plus efficaces ne sont pas toujours mobilisés. Et que l’action repose souvent sur le volontariat. Donc on mise beaucoup sur “changer les comportements” des personnes. Et moins sur “changer l’environnement” qui pousse à mal manger. Comme le marketing, l’offre disponible, la distribution, les prix, la publicité. Or si on ne mesure pas, ce biais peut durer. On continue à faire surtout ce qui est facile à lancer. Pas forcément ce qui est le plus efficace. Cela révèle enfin une limite de continuité. Les données arrivent tard. Les financements locaux sont parfois instables. Les projets démarrent, puis s’arrêtent. Dans ces conditions, évaluer devient difficile. Et apprendre devient lent. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société **1) Des décisions moins justes et moins efficaces.** Sans données solides, on cible mal. On peut rater les publics les plus en difficulté. Ou financer des actions qui touchent surtout ceux qui vont déjà bien. **2) Des inégalités qui se creusent.** Si on ne mesure pas finement par territoire et par catégorie sociale, on ne voit pas où ça se dégrade. Et on réagit trop tard. Le rapport insiste sur la précarité alimentaire. Or il manque aussi une statistique publique continue et comparable sur ce sujet. Donc on ne sait pas précisément qui manque de nourriture, qui mange trop mal, et où. **3) Une perte de temps face à l’obésité et aux maladies chroniques.** Le rapport indique que le surpoids stagne mais que l’obésité progresse. Si on ne suit pas régulièrement, on découvre les dégâts après coup. Et on bascule vers des soins lourds, au lieu de prévenir. **4) Un coût énorme pour tous.** Une mauvaise alimentation coûte très cher à la société. En santé, en arrêts de travail, en perte de qualité de vie. Le rapport cite des montants très élevés. Et il demande de mesurer mieux les surcoûts pour l’assurance maladie. Sans mesure, on ne peut pas arbitrer correctement. On ne peut pas dire : “cette action coûte X mais évite Y”. **5) Des politiques locales fragiles.** Quand une action locale n’est pas évaluée, elle a plus de mal à être reconduite. Parce qu’il faut justifier les budgets. Donc même une bonne initiative peut disparaître faute de preuves. **6) Une confiance publique abîmée.** Si les citoyens entendent des plans successifs, mais ne voient pas de résultats clairs, la crédibilité baisse. On a l’impression que “ça communique” mais que “ça ne change pas”. \--- Le cœur du message du rapport est donc très concret. Pour améliorer l’alimentation et la santé, il ne suffit pas d’agir. Il faut aussi savoir, de façon régulière et vérifiable, **ce que les actions produisent réellement**. Et corriger quand ça ne marche pas. Pages sources : 3, 5, 6, 9, 11, 18, 19, 21, 31, 32, 33, 43, 44, 46, 57, 58, 60, 61, 67, 71, 72, 74, 77, 78, 88, 89, 103, 104, 106, 119, 120, 140, 141, 145, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 171, 172, 175, 178, 180, 181, 184, 185, 186, 187, 188, 190, 195, 204, 205, 240, 242, 252, 260, 279, 282, 283, 289, 291, 292, 296, 302, 307, 315, 316, 317, 319, 329, 334, 335, 338, 340, 348, 349, 351, 352, 360 ## Prévenir et prendre en charge la malnutrition, le surpoids et l’obésité **La France fait face à une malnutrition multiple : obésité, dénutrition, carences et insécurité alimentaire** **Le problème :** Le rapport constate une situation où coexistent surpoids/obésité en hausse, dénutrition encore fréquente (notamment chez les personnes âgées et les personnes atteintes de cancer), alimentation éloignée des repères de santé, sédentarité importante, expositions à certains contaminants, et fortes inégalités sociales et territoriales, sur fond de montée de l’insécurité alimentaire et de manque de données récentes pour piloter les politiques. **Pourquoi c’est important :** Ces problèmes dégradent la santé physique et mentale (diabète, maladies cardiovasculaires, certains cancers, perte d’autonomie, complications), touchent davantage les personnes les plus fragiles, et génèrent des coûts très élevés pour la société (dépenses de santé, absentéisme, baisse de productivité), tout en réduisant la capacité à agir efficacement faute de suivi et de données solides. **Ce qui bloque :** * Action publique peu lisible et pilotage insuffisant : programmes multiples qui se recoupent, manque de suivi au plus haut niveau (ex. comité interministériel peu réuni). * Manque d’outils et de données récentes pour évaluer ce qui fonctionne : suivi insuffisant du surpoids/obésité, dépenses mal chiffrées, résultats d’enquêtes attendus tardivement. * Prévention trop faible face à des environnements obésogènes et à des oppositions : publicité/promotions et offre de produits trop gras/salés/sucrés, régulation du numérique insuffisante, mesures efficaces (taxation boissons sucrées, encadrement pub, étiquetage) appliquées de façon trop timide. **Conséquences concrètes :** * Plus de maladies chroniques et de perte d’autonomie : traitements au long cours, douleurs, fatigue, complications de la dénutrition, dépendance accrue chez les personnes âgées. * Impacts sur l’école et le travail : difficultés à bouger, moqueries et stigmatisation, arrêts maladie, limitations physiques, discriminations possibles à l’embauche ou dans la carrière. * Coûts publics et inégalités renforcées : hausse des dépenses de santé et coûts économiques, creusement des écarts sociaux et territoriaux (notamment outre-mer), vulnérabilité accrue en cas de crise sanitaire et baisse de confiance si les résultats restent faibles. 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Le rapport dit que la France fait face à plusieurs formes de malnutrition en même temps. Il ne parle pas seulement d’obésité. Il parle aussi de dénutrition. Et de carences. Il constate d’abord un niveau très élevé de surpoids et d’obésité. En 2024, environ 1 adulte sur 2 est en surpoids. Et 18,1 % des adultes sont obèses. Cela représente près de 10 millions de personnes. Il constate aussi que l’obésité progresse, même si le surpoids semble plutôt stable. Donc le problème ne se résout pas “tout seul”. Il constate que les enfants sont concernés. Le surpoids et l’obésité augmentent aussi chez eux. Et les habitudes prises tôt pèsent sur la santé toute la vie. Il rappelle un autre problème moins visible. La dénutrition touche environ 2 millions de personnes (estimation 2018). Dont environ 700 000 personnes âgées. Elle touche aussi beaucoup de personnes traitées pour un cancer. Il constate que l’alimentation réelle des Français reste loin des repères de santé. Peu de personnes mangent assez de fruits et légumes. Les fibres manquent fortement. Le sel reste trop élevé. Les boissons sucrées restent trop présentes, surtout chez les enfants. Et les recommandations sont mal connues. Il insiste sur le rôle de la sédentarité. Beaucoup d’enfants et d’adultes passent des heures assis, souvent devant des écrans. Et l’activité physique baisse dans certains groupes, notamment chez les femmes. Il constate enfin que l’alimentation pose aussi des risques “non nutritionnels”. Il parle de contaminants et de substances chimiques. Il cite par exemple l’acrylamide, des perturbateurs endocriniens, des substances venant des emballages. Il dit que ces expositions existent. Et que certaines personnes, dont les personnes obèses, peuvent être plus vulnérables. Il ajoute un constat central. Les inégalités sont fortes. Selon le territoire, le revenu, le niveau d’études, la situation change beaucoup. En outre-mer, l’obésité est plus élevée (22,4 %). Et chez les personnes en difficulté économique, l’obésité est plus fréquente. Il constate aussi une montée de l’insécurité alimentaire. En 2022, 16 % des Français disent ne pas avoir assez à manger. Cela fait environ 11 millions de personnes. Et 45 % disent être touchés par une forme d’insécurité alimentaire. Enfin, le rapport dit qu’on manque de données récentes et solides. Donc on mesure mal l’effet réel des politiques. La nouvelle grande enquête (Albane) donnera des résultats en 2027-2028. C’est tard pour piloter une politique publique. \--- ### Pourquoi c’est un problème Parce que ces situations abîment la santé. Et pas seulement “à long terme”. Le surpoids et l’obésité augmentent le risque de maladies graves. Diabète. Maladies du cœur et des vaisseaux. Certains cancers. Problèmes respiratoires. Douleurs articulaires. Et baisse de la qualité de vie. Le rapport rappelle aussi l’impact sur la santé mentale. Une mauvaise alimentation et le manque d’activité peuvent peser sur le moral. Et l’obésité peut entraîner souffrance psychologique à cause de la stigmatisation. La dénutrition est aussi dangereuse. Elle affaiblit le corps. Elle fait perdre du muscle. Elle augmente le risque de chutes, d’infections, de complications. Chez les personnes âgées, elle peut accélérer la perte d’autonomie. Chez les personnes atteintes de cancer, elle peut aggraver le pronostic. C’est aussi un problème parce que cela touche plus durement les plus fragiles. Quand on a peu d’argent, on arbitre. On achète ce qui cale et ce qui est moins cher. On subit plus les promotions. On vit plus souvent dans des zones où l’offre est limitée. Donc la santé devient une question de moyens. C’est enfin un problème parce que les coûts sont énormes. Le rapport cite des estimations très élevées. En 2020, les coûts d’une mauvaise alimentation sont estimés à 150 milliards d’euros. Avec une grande part pour le système de santé. Le diabète, les maladies cardiovasculaires et les cancers pèsent très lourd. Et il y a aussi des coûts au travail. Absentéisme. Baisse de productivité. Difficultés d’emploi. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Le rapport dit que les programmes existent. Mais qu’ils ne changent pas assez la réalité. Première limite : la politique est difficile à comprendre. Il y a plusieurs programmes. Ils se recoupent. Ils font parfois doublon. Donc c’est moins lisible pour les acteurs et pour le public. Deuxième limite : le pilotage politique n’est pas assez fort. Un exemple est donné. Le comité interministériel pour la santé ne s’est pas réuni depuis 2019. Cela montre un manque de suivi au plus haut niveau. Troisième limite : on manque d’outils pour savoir ce qui marche. Les données sont anciennes ou insuffisantes. On ne suit pas assez régulièrement le surpoids et l’obésité. On ne sait pas bien chiffrer les dépenses liées au surpoids dans l’assurance maladie. Donc on décide sans tableau de bord fiable. Quatrième limite : la prévention est trop faible face à la force de l’environnement. Le rapport parle d’“environnements obésogènes”. Cela veut dire un quotidien qui pousse à manger trop riche et à bouger trop peu. Offre abondante de produits gras, salés, sucrés. Publicité. Promotions. Restauration rapide. Écrans. Manque d’activité dans la vie courante. Cinquième limite : certains leviers efficaces sont peu utilisés ou trop timides. Le rapport cite des mesures jugées très efficaces. Taxer les boissons sucrées. Mieux encadrer la publicité des produits trop gras, trop sucrés, trop salés. Renforcer l’étiquetage nutritionnel. Mais ces mesures se heurtent à des oppositions. Et à des questions d’acceptabilité. Sixième limite : la prévention et les soins ne sont pas assez bien reliés. Le rapport insiste sur le dépistage “tout au long de la vie”. Et sur l’idée “chaque contact compte”. Donc à chaque consultation, on devrait repérer plus tôt. Mais les soins primaires ne sont pas assez mobilisés. Et les parcours coordonnés manquent de financement stable. Beaucoup repose sur des expérimentations. Puis il faut “pérenniser”. Et ce n’est pas simple. Septième limite : la dénutrition, surtout chez les personnes âgées, reste sous-traitée. Il y a des actions de sensibilisation. Mais la participation des Ehpad et des aidants est faible. Et la qualité de la restauration en établissements doit être mieux encadrée. Une loi de 2024 prévoit un cahier des charges nutritionnel. Mais il faut le rendre concret et appliqué. Huitième limite : le numérique échappe encore largement à la régulation. Les enfants voient beaucoup de publicités pour des produits de mauvaise qualité. Sur les réseaux sociaux, c’est encore mal encadré et mal mesuré. Le rapport demande plus de contrôle. Et l’affichage du Nutri-Score dans les publicités numériques. Neuvième limite : on traite encore trop séparément santé, alimentation, environnement. Le rapport rappelle que la chaîne alimentaire pèse sur le climat. Environ 22 % des émissions françaises de gaz à effet de serre. Donc il faut articuler santé et environnement. Mais c’est complexe. Et parfois contradictoire avec d’autres objectifs économiques. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société Cela change la vie quotidienne des gens. Plus de maladies chroniques. Plus de traitements au long cours. Plus de handicaps liés aux douleurs, à l’essoufflement, à la fatigue. Plus de dépendance chez les personnes âgées fragiles. Cela change l’école. Des enfants en surpoids plus tôt. Des difficultés à bouger. Des risques de moqueries. Et des habitudes alimentaires qui se fixent. Cela change le travail. Plus d’arrêts maladie. Plus de limitations physiques. Parfois des discriminations à l’embauche ou dans la carrière. Cela change les finances publiques. Plus de dépenses de santé. Moins de marges pour d’autres priorités. Et des coûts “cachés” qui ne se voient pas sur une facture unique. Cela creuse les inégalités. Les personnes modestes cumulent plus souvent : moins d’accès à une alimentation de qualité, plus d’exposition à la publicité, moins d’accès à des lieux pour bouger, plus de risques de maladie. Donc l’écart d’espérance de vie et de santé s’élargit. Cela fragilise certains territoires. En outre-mer, les taux sont plus élevés. L’offre alimentaire est parfois moins diversifiée. La pauvreté est plus forte. Donc la réponse doit être adaptée localement, pas seulement nationale. Cela crée aussi une société plus exposée aux crises. Le rapport rappelle que pendant le Covid-19, les personnes obèses ont été plus hospitalisées. Donc l’état nutritionnel devient un facteur de vulnérabilité collective. Et cela pose une question de confiance. Si les programmes sont nombreux mais que les résultats sont faibles, les citoyens doutent. Si les données manquent, on ne peut pas prouver ce qui marche. Et on risque de refaire les mêmes actions sans effet. Le rapport pousse donc vers une idée simple. Prévenir plus tôt. Dépister partout et régulièrement. Mieux coordonner les soins. Mieux financer ce qui marche. Et agir aussi sur l’environnement alimentaire, pas seulement sur la “volonté” individuelle. Pages sources : 3, 4, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 45, 53, 56, 60, 74, 80, 85, 86, 87, 115, 116, 120, 121, 122, 123, 124, 126, 127, 132, 135, 136, 139, 140, 147, 150, 160, 161, 164, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 202, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 237, 238, 239, 240, 241, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 251, 252, 253, 257, 260, 263, 269, 278, 280, 321, 344 ## Changer l’environnement alimentaire (offre, prix, marketing) plutôt que seulement les comportements **Mieux manger : informer ne suffit pas quand l’environnement pousse à l’inverse** **Le problème :** L’action publique repose surtout sur des messages et des recommandations (ex. « 5 fruits et légumes par jour »), alors que l’environnement alimentaire (prix, promotions, publicité, offre en magasin, cantines) favorise largement des produits trop gras, trop sucrés et trop salés. Les individus doivent lutter à contre-courant, ce qui limite fortement l’efficacité des campagnes. **Pourquoi c’est important :** Parce que les choix alimentaires dépendent surtout de contraintes concrètes (budget, disponibilité, marketing) et pas seulement de la volonté. Cette situation entretient des inégalités sociales de santé, expose fortement les enfants à la publicité, et contribue à des maladies évitables et à des coûts collectifs élevés. **Ce qui bloque :** * Déséquilibre massif entre le marketing alimentaire (milliards) et la communication de santé publique (millions), rendant les messages de prévention peu audibles * Dépendance au volontariat des entreprises, avec une mise en œuvre partielle et lente des actions prévues, et une grande distribution encore peu mobilisée * Manque de pilotage et d’évaluation (objectifs chiffrés, données récentes) et controverses qui retardent des décisions (définition des ultra-transformés, communication sur le Nutri-Score) **Conséquences concrètes :** * Hausse de maladies évitables (surpoids, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires) dans un contexte où près d’un adulte sur deux est en surpoids et près d’un sur cinq en obésité * Coûts sociaux importants (dépenses de santé, arrêts de travail, perte de qualité de vie) et creusement des inégalités, car les ménages à budget serré subissent davantage les contraintes de prix et d’offre * Habitudes façonnées dès l’enfance par une forte pression publicitaire (notamment en ligne) et culpabilisation des individus si le cadre (prix, promotions, marketing, offre) n’est pas corrigé, ce qui ralentit les progrès 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Le rapport dit que l’État mise surtout sur une idée simple. « Informer les gens pour qu’ils mangent mieux ». Avec des campagnes, des conseils, des slogans. Exemple connu : « 5 fruits et légumes par jour ». Mais le rapport observe que ça ne suffit pas. Parce que les choix alimentaires ne se font pas dans le vide. Ils se font dans un environnement. Cet environnement, c’est : \- ce qui est vendu facilement autour de nous. \- ce qui est mis en avant en magasin. \- ce qui est en promotion. \- ce qui est le moins cher. \- ce qui est partout en publicité. \- ce qui est proposé à la cantine, au distributeur, dans la rue. Or, sur ces points, le rapport dit que l’action publique est trop faible. Elle est souvent basée sur le volontariat des entreprises. Et beaucoup d’actions prévues ne sont pas réellement faites. Au total, une petite partie des actions est complètement réalisée. Le rapport souligne aussi un déséquilibre énorme. Le marketing alimentaire pèse des milliards. La communication de santé publique pèse quelques millions. Donc les messages « mangez mieux » sont noyés. Il donne un exemple concret de résultat limité. En 2021, seule une minorité suit la recommandation « 5 fruits et légumes ». 19 % des hommes. 25 % des femmes. Et il insiste sur les enfants. Ils voient énormément de publicités alimentaires. Souvent pour des produits trop gras, trop sucrés, trop salés. Et sur internet, c’est encore moins encadré. Enfin, le rapport dit que l’offre reste majoritairement composée de produits trop gras, trop salés, trop sucrés. Avec du sucre ajouté dans beaucoup d’aliments, même inattendus. Et que la grande distribution a un rôle central. Elle représente l’essentiel des ventes à domicile. Mais elle est peu ciblée par les programmes. \--- ### Pourquoi c’est un problème Parce qu’on demande aux individus de faire des efforts constants. Alors que tout autour pousse dans l’autre sens. On dit : « choisissez mieux ». Mais on met sous leurs yeux : \- des promotions sur les produits les moins bons. \- des rayons entiers de produits très transformés. \- des pubs répétées, attractives, ciblées. \- des prix qui favorisent souvent le moins bon. Résultat : même motivé, c’est difficile. Et quand on est fatigué, pressé, ou avec un budget serré, c’est encore plus difficile. Le rapport insiste sur le prix. Pour une partie de la population, c’est le critère numéro un. Donc si les produits les plus sains sont plus chers, le choix est vite fait. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de contraintes. Cela crée et entretient des inégalités. Les personnes avec plus de revenus et plus d’études s’en sortent mieux. Les autres subissent davantage l’environnement. Et la santé se dégrade plus vite. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Le rapport montre une limite classique. L’État préfère les mesures « douces ». Informer. Recommander. Inciter. Signer des chartes. Faire appel au volontariat. Mais quand les intérêts économiques sont forts, le volontariat a des limites. Si une entreprise gagne plus en vendant des produits très sucrés et très promus, elle ne change pas facilement. Ou elle change lentement. Ou seulement sur une petite partie de ses produits. Le rapport dit aussi que l’action publique manque de pilotage clair. Les programmes sont difficiles à lire. Ils sont mal coordonnés. Ils ne mettent pas assez en avant les actions les plus décisives. Autre limite : on mesure mal ce qui marche. Il manque des données récentes. Il manque des objectifs chiffrés simples. Donc on ne sait pas bien si une action a vraiment amélioré la santé. Ou si elle a juste « été lancée ». Enfin, il y a des sujets qui bloquent et retardent l’action. Par exemple : comment définir les aliments ultra-transformés. Comment communiquer clairement sur le Nutri-Score. Tant que ces points restent controversés, certaines décisions sont repoussées. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société **1) Plus de maladies évitables** Une alimentation trop riche en sel, sucre et gras augmente : \- le surpoids et l’obésité. \- le diabète. \- les maladies cardio-vasculaires. Le rapport rappelle que près d’un adulte sur deux est en surpoids. Et près d’un sur cinq est en obésité. **2) Une facture collective très lourde** Ces maladies coûtent cher à la société. En soins. En arrêts de travail. En perte de qualité de vie. Le rapport cite des montants très élevés de coûts sociaux. **3) Des inégalités qui se creusent** Quand l’environnement alimentaire est défavorable, ceux qui ont le moins de marge de manœuvre paient le prix fort. Budget serré. Moins d’accès à une offre variée. Plus d’exposition à certaines promotions et à certains produits. Donc plus de risques de mauvaise santé. Et une espérance de vie plus faible selon les milieux. **4) Une pression publicitaire qui façonne les habitudes dès l’enfance** Les enfants apprennent très tôt à désirer certains produits. Ils associent nourriture et récompense. Ils normalisent la restauration rapide et les snacks sucrés. Et sur les réseaux sociaux, la publicité est plus difficile à repérer et à contrôler. **5) Une société qui culpabilise les individus au lieu de corriger le cadre** Si on ne change pas l’offre, les prix et le marketing, on finit par dire : « Les gens ne font pas d’efforts ». Alors que le système rend les bons choix plus difficiles. Cela crée de la culpabilité. Et cela détourne l’attention des vrais leviers. **6) Un retard sur les changements utiles** Le rapport suggère des leviers plus structurants : \- encadrer plus fortement la publicité, surtout vers les enfants. \- agir sur les promotions et les pratiques de vente. \- utiliser les taxes et les prix pour décourager le trop sucré, trop salé, trop gras. \- fixer des objectifs de réduction du sel, du sucre, des graisses, avec obligation si besoin. \- impliquer réellement la grande distribution. Si ces leviers restent peu utilisés, les progrès restent lents. Et les problèmes s’installent. En clair, le rapport dit ceci. On ne peut pas améliorer durablement l’alimentation en ne parlant qu’aux individus. Il faut aussi changer ce qui les entoure. Sinon, on lutte à contre-courant. Et on perd. Pages sources : 5, 7, 13, 19, 29, 33, 40, 52, 58, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 93, 97, 110, 114, 120, 128, 153, 155, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 167, 171, 173, 177, 178, 179, 197, 202, 210, 224, 234, 235, 242, 252, 262, 280, 281, 283, 288, 289, 294, 295, 296, 298, 299, 300, 301, 302, 305, 310 ## Mieux informer le public : Nutri-Score, repères nutritionnels et encadrement des messages **Information nutritionnelle : utile mais trop faible face au marketing et au volontariat** **Le problème :** L’action publique repose surtout sur l’information (repères, Nutri-Score) et sur le volontariat des entreprises, alors que les choix alimentaires sont d’abord guidés par le prix, les habitudes, le goût et une pression marketing massive. Résultat : les outils existent mais sont inégalement appliqués, parfois contestés, et insuffisants pour changer durablement les comportements. **Pourquoi c’est important :** Le sujet touche directement la santé publique (surpoids, maladies évitables), le budget des ménages, les inégalités sociales et la confiance dans les politiques publiques. Sans règles plus cohérentes et un environnement moins défavorable, l’information nutritionnelle reste une « petite voix » dans un espace saturé par la publicité. **Ce qui bloque :** * Nutri-Score non obligatoire en France et non harmonisé au niveau européen, ce qui limite sa généralisation et crée des informations différentes selon les pays * Controverses et ralentissements liés à la mise à jour de l’algorithme (2025) et manque d’explications pédagogiques, ce qui fragilise la confiance * Extensions inachevées (restauration hors domicile, vrac) et déséquilibre de moyens : communication publique en millions contre publicité alimentaire en milliards, notamment sur le numérique et auprès des enfants **Conséquences concrètes :** * Pour les familles (surtout avec enfants) : exposition continue à des publicités pour des produits peu recommandés, demandes des enfants, achats influencés et repas plus difficiles à équilibrer * Pour la santé publique : maintien de consommations trop riches en sel/sucres/graisses saturées et trop pauvres en fibres/fruits/légumes/légumineuses, avec surpoids, maladies évitables et coûts pour le système de santé * Pour les inégalités et la confiance : baisse de la qualité nutritionnelle quand les prix montent, écarts de santé qui se creusent, et défiance quand les outils sont contestés, retardés ou appliqués à moitié 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Le rapport dit que l’État a mieux outillé l’information nutritionnelle. Il cite trois piliers. D’abord, les **repères nutritionnels**. Ils sont mis à jour à partir de travaux scientifiques. Santé publique France les diffuse via des campagnes et le site *mangerbouger.fr*. Mais la population les applique peu. Et beaucoup de gens les connaissent mal. Ensuite, le **Nutri-Score**. C’est une note simple (lettre et couleur) pour comparer des produits. Il est très connu du public. Il est largement affiché par les distributeurs et une partie des marques. Il pousse aussi certains fabricants à améliorer leurs recettes. Le rapport note des progrès visibles sur certains produits. Mais le rapport insiste aussi sur les **blocages**. Le Nutri-Score reste surtout **volontaire**. Il n’est pas obligatoire en France. Et il n’est pas harmonisé au niveau européen. Son algorithme a été mis à jour en 2025. Cette mise à jour a déclenché des débats et des contestations. Ces débats ont ralenti des actions prévues. Le rapport souligne aussi des **extensions non abouties**. L’adaptation du Nutri-Score à la restauration hors domicile n’est pas finalisée. L’extension au vrac n’est pas finalisée. Pourtant, des tests en restauration montrent des effets positifs sur les choix. Enfin, le rapport décrit un **déséquilibre massif entre information publique et marketing**. Les budgets publics de communication sont de quelques millions d’euros. Le marché publicitaire alimentaire, lui, pèse des milliards. Les enfants voient énormément de publicités alimentaires. Une grande partie concerne des produits de mauvaise qualité nutritionnelle. Le sponsoring sportif est aussi très utilisé par ces marques. Et les réseaux sociaux exposent les jeunes sans contrôle suffisant. Le rapport ajoute un point important. Même quand la publicité est “dans les règles”, elle peut tromper. Parce que des mentions comme “riche en…” ou “source de…” mettent en avant un détail. Et elles font oublier le reste du produit. Le rapport explique que l’Europe encadre ces mentions. Mais que l’Europe n’a pas mis en place de garde-fous assez forts sur le “profil” global des produits. Donc on peut légalement “vendre sain” un produit qui ne l’est pas vraiment. \--- ### Pourquoi c’est un problème Parce que l’information seule ne suffit pas. Le rapport le dit clairement. Les slogans et les conseils répétés depuis des années changent peu les habitudes. Pourquoi. Parce que les choix alimentaires dépendent surtout du **prix**, des **habitudes** et du **goût**. Pas d’un message vu à la télévision. Et parce que l’environnement pousse dans l’autre sens. On peut savoir ce qu’il faudrait faire. Et acheter quand même autre chose. Parce que c’est moins cher. Parce que c’est plus visible en rayon. Parce que c’est plus promu. Parce que les enfants le réclament après l’avoir vu partout. Le problème est aussi un problème de clarté. Si le Nutri-Score change, certains crient à l’injustice. D’autres disent que “ça ne veut plus rien dire”. Sans explication pédagogique, la confiance baisse. Et un outil utile peut être disqualifié dans l’opinion. Le problème est enfin un problème d’égalité. Les personnes les plus à l’aise avec l’information s’en servent mieux. Les autres subissent plus le prix et la pression marketing. Donc l’écart de santé se creuse. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Le rapport montre une limite centrale. L’État agit surtout par **information** et par **volontariat** des entreprises. Il agit peu par règles contraignantes. Or les mesures les plus efficaces existent. Le rapport rappelle que limiter la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés est très efficace. Mais ces actions sont peu réalisées. Ou incomplètes. Ou dépassées par le numérique. Le rapport montre aussi une limite de gouvernance. Il y a plusieurs programmes. Ils se recoupent. Ils sont parfois peu lisibles. Le suivi est insuffisant. Beaucoup d’actions sont “en cours” ou “partiellement faites”. Peu sont totalement réalisées. Et les indicateurs ne permettent pas toujours de mesurer l’impact réel. Il y a aussi une limite européenne. La France ne peut pas rendre le Nutri-Score obligatoire seule. À cause des règles du marché unique. Et certains pays s’opposent au Nutri-Score. Résultat. On a un outil connu, mais pas généralisé. Et des produits circulent avec des informations différentes selon les pays. Dernière limite. L’État communique, mais il ne pèse pas face aux budgets privés. Donc il “parle” dans un espace saturé par des messages contraires. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société 1) **Pour les familles, surtout avec enfants** Les enfants sont exposés en continu à des pubs pour des produits peu recommandés. Cela influence leurs envies. Cela influence les achats. Cela rend les repas plus difficiles à équilibrer. Et cela banalise une alimentation très transformée. 2) **Pour la santé publique** Le surpoids et l’obésité restent élevés. Les consommations restent trop riches en sel, sucres, graisses saturées. Et trop pauvres en fibres, fruits, légumes, légumineuses. Donc on entretient des maladies évitables. Et des coûts pour le système de santé. 3) **Pour les inégalités sociales** Quand les prix montent, les ménages réduisent la qualité nutritionnelle. Ils achètent plus “bon marché”. Ils achètent moins de produits recommandés. L’information ne compense pas le manque de budget. Donc les écarts de santé se renforcent. 4) **Pour la confiance dans les politiques publiques** Quand un outil est contesté, retardé, ou appliqué à moitié, les gens se lassent. Ils ont l’impression que “ça change tout le temps”. Ou que “c’est politique”. Ou que “les lobbies gagnent”. Cette défiance réduit l’efficacité des messages futurs. 5) **Pour l’économie alimentaire** Les entreprises qui jouent le jeu peuvent reformuler. Mais si l’affichage reste volontaire, la concurrence est inégale. Certains affichent. D’autres non. Et ceux qui vendent des produits moins bien notés ont intérêt à ne pas afficher. 6) **Pour la cohérence collective** On demande aux individus de faire les bons choix. Mais on laisse un environnement qui pousse vers l’inverse. Le rapport dit qu’il faut rééquilibrer. Moins “tout sur la responsabilité individuelle”. Plus “agir sur l’offre et le marketing”. En clair. Le rapport ne dit pas que le Nutri-Score et les repères sont inutiles. Il dit qu’ils sont utiles, mais insuffisants seuls. Et qu’ils doivent être mieux expliqués, mieux étendus, et mieux protégés. Sinon, l’information publique reste une petite voix face à une machine publicitaire géante. Pages sources : 6, 7, 14, 17, 25, 44, 45, 46, 47, 49, 50, 52, 53, 58, 59, 62, 64, 68, 75, 80, 84, 85, 95, 96, 97, 127, 128, 129, 130, 131, 137, 138, 141, 146, 153, 155, 158, 159, 161, 163, 173, 174, 178, 180, 181, 190, 196, 223, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 255, 265, 286, 291, 296, 297, 298 ## Aliments ultra-transformés : clarifier, rechercher et agir avec prudence **Aliments ultra-transformés : très présents, risques possibles, action publique freinée par une définition contestée** **Le problème :** Les aliments ultra-transformés représentent une part importante de l’alimentation (plus de 30 % en France) et sont massivement promus. Le rapport identifie des signaux de risque pour la santé qui ne s’expliquent pas seulement par l’excès de sucre, de sel ou de gras. Mais l’action publique est freinée car il n’existe pas de définition et de classification stables et partagées (la classification NOVA est contestée), ce qui entretient la confusion et retarde des mesures claires. **Pourquoi c’est important :** Comme ces produits sont devenus la norme (pratiques, souvent moins chers, très disponibles), une incertitude prolongée peut exposer une grande partie de la population à un risque collectif potentiellement élevé. Clarifier la catégorie et agir avec prudence dès maintenant (favoriser les aliments bruts) est crucial pour protéger la santé, réduire les inégalités et restaurer la confiance dans les messages publics. **Ce qui bloque :** * Absence de définition et de classification consensuelles des aliments ultra-transformés (NOVA contestée), rendant difficile la mesure et le suivi des objectifs * Incertitudes scientifiques sur les mécanismes (rôle des procédés, formulation, additifs, substances formées, contaminants, emballages et effets cocktail), ce qui alimente la controverse * Déséquilibre de forces et d’environnement : publicité massive (notamment vers les enfants) et budgets publics de prévention faibles, avec une action publique trop centrée sur l’individu plutôt que sur l’offre, les prix et le marketing **Conséquences concrètes :** * Santé publique : risque de hausse des maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires, certains cancers), possiblement santé mentale et mortalité, avec un impact collectif important vu l’exposition * Inégalités et enfance : exposition plus forte des ménages modestes (produits plus accessibles) et pression publicitaire sur les enfants, ce qui creuse les écarts de santé et complique les choix des familles * Confiance et règles du jeu : confusion du public (ex. Nutri-Score correct mais produit très transformé), baisse de confiance dans les autorités, et cadre économique flou qui n’avantage pas forcément les produits plus simples 🔎 Analyse détaillée (expert) ### Ce que le rapport constate Les aliments ultra-transformés occupent une grande place dans notre alimentation. En France, ils représentent plus de 30 % de ce que les gens mangent. Dans l’offre en magasin, ils sont très présents. Le rapport dit aussi qu’on voit des signaux de risque pour la santé. Ces signaux ne concernent pas seulement “trop de calories”. Ils existent même quand on tient compte de la qualité nutritionnelle globale du régime. Le rapport insiste sur un point central. On ne sait pas encore définir et classer ces aliments de façon stable et partagée. La classification la plus connue (NOVA) est contestée. Elle est jugée insuffisante pour servir de base à des outils publics clairs. Le rapport demande donc trois choses en même temps. Clarifier ce qu’on appelle “ultra-transformé”. Renforcer la recherche pour comprendre les mécanismes. Et agir avec prudence dès maintenant, en favorisant les aliments bruts. Il propose même un terme plus précis. “Ultra-transformés ultra-formulés”. L’idée est de mieux viser les produits fabriqués par assemblage d’ingrédients et d’additifs. Il souligne aussi un décalage de forces. La publicité alimentaire est massive. Les enfants voient énormément de publicités pour des produits de mauvaise qualité. Les budgets publics de prévention sont minuscules en comparaison. Enfin, il relie le sujet à d’autres enjeux. Les additifs. Les substances créées par certains procédés industriels. Les contaminants. Les matériaux d’emballage. Et les effets “cocktail”, quand plusieurs expositions s’additionnent. \--- ### Pourquoi c’est un problème Parce que ces aliments sont partout. Ils sont pratiques. Ils sont souvent moins chers. Ils sont très promus. Donc ils deviennent la norme, surtout pour les familles sous contrainte de temps et de budget. Parce que les risques possibles ne se limitent pas au “trop sucré, trop gras, trop salé”. Le rapport dit qu’il peut y avoir autre chose. Le procédé de fabrication peut compter. La formulation peut compter. Les additifs et les substances formées pendant la fabrication peuvent compter. Les emballages peuvent compter. Parce que l’incertitude bloque l’action. Si on ne sait pas exactement “quels produits” mettre dans la catégorie, on hésite à : \- fixer des objectifs mesurables, \- encadrer la publicité, \- taxer, \- imposer des changements aux industriels, \- faire des messages simples au public. Parce que la controverse crée de la confusion. Un citoyen entend “c’est dangereux”. Puis il entend “on n’a pas de preuve solide”. Il ne sait plus à qui faire confiance. Et il finit souvent par ne rien changer. \--- ### Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique L’action publique a du mal à avancer quand la science n’est pas “verrouillée”. Or, en santé publique, attendre la certitude totale peut coûter cher. Le rapport pousse donc une logique de précaution. Mais cette logique est difficile à traduire en règles concrètes sans définition partagée. Les objectifs publics peuvent être mal suivis. Le rapport rappelle qu’un objectif comme “réduire de 20 %” est difficile à mesurer. Si l’outil de mesure est contesté, le suivi devient fragile. Et on ne sait pas dire clairement si on progresse ou non. L’État agit beaucoup sur l’individu. Campagnes d’information. Conseils. Sites comme “mangerbouger”. Mais il agit moins sur l’environnement. Publicité. Placement en magasin. Prix. Offre disponible. Portions. Marketing sportif. Le rapport demande de rééquilibrer. La coordination est compliquée. Il faut mobiliser la grande distribution, les industriels, les médias, les réseaux sociaux, les soignants. Sans eux, l’environnement alimentaire ne change pas. Mais leurs intérêts ne vont pas toujours dans le même sens que la santé publique. Les moyens de communication sont déséquilibrés. Les marques dépensent des milliards. La prévention publique dépense des millions. Même un bon message public est noyé. Enfin, il y a un problème de rythme. Des travaux sont annoncés, parfois à horizon 2026. Pendant ce temps, la consommation continue. La publicité continue. Les habitudes se fixent, surtout chez les enfants. \--- ### Les conséquences concrètes pour la société **Sur la santé.** Si les signaux se confirment, cela veut dire plus de maladies chroniques. Diabète. Maladies cardio-vasculaires. Certains cancers. Et possiblement des effets sur la santé mentale et la mortalité. Même sans certitude totale, le risque collectif peut être important vu le nombre de personnes exposées. **Sur les inégalités.** Les aliments ultra-transformés sont souvent les plus accessibles. Donc les risques potentiels se concentrent davantage sur les ménages modestes. Cela creuse les écarts de santé. Et cela augmente les dépenses de soins liées à des maladies évitables. **Sur les enfants.** Ils sont une cible publicitaire majeure. Ils voient surtout des pubs pour des produits très transformés. Cela façonne leurs goûts tôt. Cela rend plus difficile l’apprentissage d’une alimentation simple. Et cela met les parents en conflit permanent avec le marketing. **Sur la confiance.** Quand les autorités disent “limitez”, mais ne peuvent pas dire précisément “quoi”, la confiance baisse. Quand un produit a un Nutri-Score correct mais reste très transformé, les gens ne comprennent plus. Le rapport demande d’éviter cette disqualification des outils, par une pédagogie forte. **Sur l’économie et les règles du jeu.** Sans classification claire, les entreprises qui font des produits plus simples ne sont pas forcément avantagées. Les règles restent floues. Les innovations peuvent aller dans le sens du marketing plutôt que dans le sens de la santé. **Sur les choix quotidiens.** Le rapport pousse une ligne simple de prudence. Revenir plus souvent aux aliments bruts. Cuisiner plus simple. Réduire la part des produits “prêts à consommer”. Ce n’est pas un jugement moral. C’est une stratégie de réduction de risque, en attendant mieux. **Sur les politiques à venir.** Le rapport ouvre la porte à des mesures plus fortes. Par exemple des taxes ciblées et des aides pour les produits bruts pour les ménages modestes. Mais ces mesures dépendent d’une base solide. Donc la bataille sur la définition et la classification devient un enjeu politique majeur. Pages sources : 7, 12, 16, 27, 28, 44, 64, 96, 97, 98, 99, 120, 163, 164, 177, 188, 201, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 249, 250, 254, 258, 269, 289 ## Sécurité sanitaire et risques chimiques : contaminants, additifs, emballages et plastiques **Risques chimiques dans l’alimentation : au-delà du “trop gras, trop sucré, trop salé”** **Le problème :** L’alimentation expose quotidiennement la population à des substances chimiques venant de l’environnement (métaux, pesticides), des procédés de fabrication (ex. acrylamide), des additifs (édulcorants, émulsifiants, nitrites/nitrates, aspartame) et des emballages par “migration” (surtout avec chaleur, gras et temps de contact). Ces expositions se font souvent en mélanges (“effets cocktails”) et incluent des perturbateurs endocriniens, alors que l’action publique manque encore d’une vision d’ensemble, d’objectifs mesurables et d’une mise en œuvre fluide sur le terrain (notamment en restauration collective). **Pourquoi c’est important :** Le problème concerne tout le monde, y compris sans “mauvais choix” alimentaires, car les effets peuvent être à faibles doses et sur le long terme, avec des liens suspectés ou documentés avec des maladies chroniques (cancers, diabète, maladies cardio-vasculaires, troubles métaboliques). Les enfants et les personnes en surpoids/obésité peuvent être plus vulnérables. Les inégalités d’exposition sont fortes (cantines, aide alimentaire, produits moins chers souvent plus transformés/emballés). Sans stratégie claire, la confiance publique se fragilise et les décisions se déplacent vers des solutions individuelles. **Ce qui bloque :** * Décalage entre capacité à mesurer et difficulté à décider vite : beaucoup d’expertise et de biosurveillance, mais moins d’actions concrètes et rapides sur les expositions. * Action publique dispersée et peu lisible : multiplication de plans/programmes (nutrition, santé-environnement, pesticides, perturbateurs endocriniens) avec doublons, responsabilités floues et manque d’indicateurs/cibles chiffrées pour juger l’efficacité. * Mise en œuvre et arbitrages complexes : controverses qui ralentissent, dilemme sanitaire (réduire certains conservateurs sans augmenter les intoxications), sortie du plastique en restauration collective freinée par coûts, réorganisation, charge de travail, manque de solutions techniques et d’infrastructures de lavage, risque de “fausses bonnes substitutions”. **Conséquences concrètes :** * Santé : hausse possible du poids des maladies chroniques liées à des expositions répétées et invisibles, et installation d’une inquiétude durable alimentée par des messages perçus comme contradictoires. * Inégalités et confiance : les plus modestes ont moins de marge pour éviter l’exposition (dépendance à la cantine, à l’aide alimentaire, à des produits plus transformés/emballés) ; en l’absence de stratégie claire et suivie, la défiance envers l’État et l’offre alimentaire augmente. * Organisation et environnement : la sortie du plastique en cantines, crèches, hôpitaux, EHPAD peut entraîner surcoûts, pénibilité, casse et gaspillage si la logistique n’est pas prête ; à l’inverse, une réduction cohérente des plastiques peut apporter un double bénéfice (moins de pollution et potentiellement moins de migration de substances vers les aliments). 🔎 Analyse détaillée (expert) ## Ce que le rapport constate Le rapport dit que les risques liés à l’alimentation ne viennent pas seulement du “trop gras, trop sucré, trop salé”. Ils viennent aussi de substances chimiques qui arrivent dans nos assiettes. Ces substances peuvent venir de plusieurs sources. Elles peuvent venir de l’environnement. Par exemple des métaux présents dans les sols ou l’eau. Ou des résidus de pesticides. Elles peuvent venir de la fabrication des aliments. Surtout quand les aliments sont très transformés. Certains procédés peuvent créer des substances nouvelles. Le rapport cite l’acrylamide. Il rappelle que l’exposition des Français reste proche de niveaux jugés préoccupants. Elles peuvent venir des additifs. Il y en a beaucoup. Plus de 300 sont autorisés au niveau européen. Le rapport rappelle que des études récentes relient certains additifs à des maladies chroniques. Il cite des signaux sur des édulcorants, des émulsifiants. Il cite aussi l’aspartame, classé “potentiellement cancérogène” par une instance internationale. Il rappelle le sujet des nitrites et nitrates, associés au cancer colorectal, avec un dilemme. Réduire ces additifs peut réduire un risque de cancer. Mais il faut éviter d’augmenter les intoxications alimentaires si on retire trop vite des conservateurs. Elles peuvent venir des emballages et des contenants. Le rapport insiste sur la “migration”. Cela veut dire que des molécules du plastique ou des revêtements passent dans l’aliment. Surtout avec la chaleur, le gras, le temps de contact. Le rapport met un focus sur la restauration collective. Cantines scolaires. Universités. Crèches. Il rappelle l’interdiction prévue au 1er janvier 2025 pour les contenants plastiques utilisés pour cuire et réchauffer dans ces structures. Il constate que la mise en œuvre est difficile. Il parle de coûts. De réorganisation. De charge de travail. De manque de solutions techniques. Et de manque d’infrastructures de lavage quand on passe à des contenants réutilisables. Le rapport insiste aussi sur un point clé. On n’est pas exposé à une seule substance à la fois. On est exposé à des mélanges. C’est ce que le rapport appelle les “effets cocktails”. Il insiste aussi sur les “perturbateurs endocriniens”. Ce sont des substances qui peuvent dérégler les hormones. Le rapport vise un objectif très ambitieux. “Tendre vers zéro perturbateur endocrinien dans l’alimentation”. Enfin, le rapport dit qu’il manque une vision d’ensemble. Il demande un inventaire des risques chimiques liés à l’alimentation. Il demande de prioriser. De surveiller mieux. Et de revoir certaines autorisations quand la science évolue. Il cite l’étude EAT3, qui doit mesurer l’exposition réelle des Français à beaucoup de substances, y compris celles liées aux contenants. ## Pourquoi c’est un problème Parce que ces expositions sont quotidiennes. Elles concernent tout le monde. Même quand on ne “fait pas d’erreur” alimentaire. Parce que les effets peuvent être discrets. Faibles doses. Long terme. Pas un empoisonnement immédiat. Mais un risque qui s’accumule. Parce que certaines substances sont suspectées d’agir sur des maladies lourdes. Cancers. Diabète. Maladies cardio-vasculaires. Troubles métaboliques. Et possiblement certains troubles neurologiques. Parce que les mélanges compliquent tout. Une substance peut être “acceptable” seule. Mais poser problème en combinaison avec d’autres. Le rapport dit que les évaluations initiales peuvent sous-estimer ce point. Parce que les enfants sont une population sensible. Ils mangent à la cantine. Ils ont un corps en développement. Ils peuvent être plus vulnérables à certains dérèglements hormonaux. Parce que le surpoids et l’obésité peuvent augmenter la vulnérabilité. Le rapport souligne ce lien. Donc les risques nutritionnels et les risques chimiques se renforcent parfois. Parce que remplacer le plastique n’est pas automatique. Si on remplace vite, on peut remplacer par un autre matériau ou un autre revêtement qui pose aussi problème. Le rapport demande d’éviter les “fausses bonnes substitutions”. ## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Première limite : on sait mieux mesurer que décider. Le rapport montre beaucoup d’expertise. Des études. De la biosurveillance. Mais moins d’actions concrètes et rapides sur les expositions. Deuxième limite : l’action est dispersée. Il y a plusieurs programmes et plans. Alimentation. Nutrition. Santé-environnement. Pesticides. Perturbateurs endocriniens. Le rapport dit que cela crée des doublons. Et surtout un manque de lisibilité. On ne sait pas toujours qui fait quoi. Et qui est responsable des résultats. Troisième limite : on manque d’objectifs mesurables. Le rapport insiste sur le manque d’indicateurs utiles. Souvent il n’y a pas de cible chiffrée. Donc on ne peut pas dire clairement si une mesure réduit vraiment l’exposition ou la maladie. Quatrième limite : les sujets controversés ralentissent l’action. Le rapport dit qu’il faut avancer malgré les débats. Sur les aliments ultra-transformés. Sur les risques chimiques. Sur la communication au public. Sinon on repousse les décisions. Cinquième limite : la mise en œuvre sur le terrain est sous-estimée. L’exemple du plastique en restauration collective est parlant. La règle existe. Mais les cuisines doivent changer leurs pratiques. Acheter du matériel. Organiser le lavage. Former. Gérer le temps. Éviter le gaspillage. Le rapport dit que sans accompagnement fort, ça bloque. Sixième limite : l’État agit beaucoup par recommandations. Mais certains leviers puissants ne sont pas pleinement mobilisés. Le rapport suggère qu’il faut parfois des mesures plus contraignantes. Et une meilleure mobilisation des acteurs qui structurent l’offre. Industrie. Grande distribution. Restauration collective. ## Les conséquences concrètes pour la société ### Pour la santé Une partie des maladies chroniques peut être liée à l’alimentation. Pas seulement par les calories. Aussi par des expositions chimiques répétées. Cela peut augmenter le nombre de malades. Et aggraver des situations déjà fragiles. Cela peut aussi créer de l’inquiétude permanente. Parce que le risque est invisible. Et parce que les messages sont parfois contradictoires. ### Pour les inégalités Tout le monde n’a pas le même pouvoir d’éviter l’exposition. Certaines personnes dépendent de la cantine. Ou de l’aide alimentaire. Ou de produits moins chers, souvent plus transformés et plus emballés. Le rapport insiste sur le caractère inégalitaire de ces enjeux. Donc si on ne réduit pas la contamination “à la source”, on laisse les plus modestes plus exposés. ### Pour l’école, les crèches, les hôpitaux, les EHPAD La sortie du plastique change l’organisation. Cela touche les achats publics. Les cuisines centrales. Les marchés. Les équipements. Les effectifs. Les locaux de plonge. Les règles d’hygiène. Si c’est mal fait, il peut y avoir des effets secondaires. Plus de casse. Plus de pénibilité. Plus de coûts. Et parfois plus de gaspillage si la logistique n’est pas prête. ### Pour l’économie et la confiance Les scandales alimentaires passés ont marqué les esprits. Le rapport rappelle que la confiance n’est jamais acquise. Si l’État ne montre pas une stratégie claire, mesurable, et suivie, la défiance augmente. Les citoyens se tournent vers des solutions individuelles. “Je ne sais plus quoi acheter.” “Je ne fais confiance à personne.” Cela fragilise le débat public. ### Pour l’environnement Le rapport relie santé et environnement. Les plastiques polluent. Ils se fragmentent. Ils contaminent les sols. Ils peuvent remonter dans la chaîne alimentaire. Donc réduire certains emballages peut avoir un double bénéfice. Moins de pollution. Et potentiellement moins de substances qui passent dans les aliments. Mais cela demande une politique cohérente. Réduire. Réutiliser. Remplacer sans se tromper. Et mesurer les résultats. Si tu veux, je peux aussi expliquer avec des exemples très concrets du quotidien. Par exemple “cantine”, “plats préparés”, “boîtes de conserve”, “poisson”, “bio”. Pages sources : 3, 7, 14, 23, 26, 27, 28, 39, 40, 42, 43, 44, 45, 70, 91, 99, 100, 101, 103, 114, 136, 146, 153, 166, 169, 176, 189, 190, 191, 198, 199, 200, 201, 203, 207, 208, 209, 217, 218, 220, 230, 232, 233, 236, 237, 249, 250, 251, 254, 258, 259, 260, 270, 271, 272, 273, 274, 276, 280, 287, 299, 326, 339, 340 ## Réduire l’impact climatique et écologique du système alimentaire **Alimentation : un levier majeur pour le climat, la santé et la justice sociale** **Le problème :** Le système alimentaire (production, transformation, transport, vente et consommation) pèse fortement sur le climat et dégrade aussi l’eau, les sols et la biodiversité, tout en générant beaucoup de gaspillage et des coûts sociaux et sanitaires. **Pourquoi c’est important :** En France, l’alimentation représente environ 22 % des émissions de gaz à effet de serre : impossible d’atteindre les objectifs climatiques sans agir. Les impacts écologiques (eau plus rare, sols dégradés, biodiversité en recul) menacent la capacité à produire demain et aggravent les risques de hausse des prix et de pénuries. Le rapport évoque aussi des “coûts cachés” très élevés (estimation FAO 2023 : 125 milliards d’euros/an), et des inégalités renforcées quand les prix montent. **Ce qui bloque :** * Action publique jugée trop peu claire et pas assez volontariste, avec une approche trop centrée sur les choix individuels plutôt que sur l’“environnement alimentaire” (offre disponible, visibilité, promotions, prix). * Manque de cohérence et de coordination entre de nombreux plans (santé, environnement, agriculture, biodiversité, pesticides, plastiques) et sous-mobilisation de leviers sur l’offre (réduction progressive sel/sucres/gras/additifs, taxes sur sucres ajoutés) et de la grande distribution. * Pilotage insuffisant par les résultats (indicateurs partagés et données régulières manquants) et blocages sur des sujets controversés (ex. Nutri-score), avec des effets de bord entre politiques (ex. anti-gaspillage réduisant certains dons à l’aide alimentaire). **Conséquences concrètes :** * Maintien d’émissions élevées et aggravation des tensions sur les ressources (sécheresses, conflits d’usage de l’eau), alors que l’agriculture représente une grande part des consommations d’eau (58 %). * Alimentation plus chère et plus instable : production fragilisée, dépendance accrue aux importations et souveraineté alimentaire affaiblie (ex. balance commerciale défavorable pour certains aliments comme fruits et légumes). * Inégalités et coûts collectifs en hausse : les ménages modestes se replient sur des produits moins chers et souvent plus transformés, avec davantage de risques pour la santé, tandis que les dépenses publiques augmentent (santé, dépollution de l’eau, réparation des dégâts environnementaux, perte de biodiversité). 🔎 Analyse détaillée (expert) ## Ce que le rapport constate Le rapport dit que notre façon de produire, transformer, transporter, vendre et consommer la nourriture pèse lourd sur le climat. Il chiffre ce poids. Le système alimentaire représente environ 22 % des émissions françaises de gaz à effet de serre. C’est un des plus gros postes, après le transport et le logement. Il dit aussi que l’impact ne se limite pas au climat. L’agriculture et l’alimentation abîment l’eau, les sols et la biodiversité. Il donne des exemples concrets. L’agriculture utilise beaucoup d’eau. En France, les usages agricoles représentent 58 % de la consommation d’eau. Il pointe aussi la pollution. Les sols et l’eau sont affectés par certains produits utilisés en agriculture. Cela fragilise les écosystèmes. Il insiste sur le gaspillage. On produit, on transporte et on transforme des aliments. Puis une partie finit à la poubelle. En 2021, on parle de 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires. Cela représente 129 kg par personne. Une grande part vient des ménages. Le rapport cite aussi 4,3 millions de tonnes de déchets issus des parties comestibles. Et 47 % seraient générés par les ménages. Il rappelle que l’impact vient de toute la chaîne. Pas seulement des champs. Il y a aussi la transformation, les importations, et le transport. Le transport des denrées compte près de 20 % des émissions liées à l’alimentation. Il ajoute un autre angle écologique. Les emballages, surtout plastiques, augmentent. En France, 20 % du plastique consommé va vers l’agriculture et l’alimentaire. Cela alimente la pollution, y compris par les microplastiques. Enfin, il dit que santé et environnement peuvent aller dans le même sens. Souvent, une alimentation meilleure pour la santé est aussi moins émettrice de CO2. Le rapport parle d’une corrélation “généralement positive”. Mais il souligne aussi des cas difficiles. Exemple : le poisson. On en recommande pour la santé. Mais il y a des tensions avec les stocks, la biodiversité, la souveraineté, et certains contaminants. ## Pourquoi c’est un problème C’est un problème climatique. Parce que 22 % des émissions, c’est énorme. On ne peut pas réussir la baisse des émissions sans agir sur l’alimentation. C’est un problème écologique. Parce que l’eau devient plus rare. Parce que les sols se dégradent. Parce que la biodiversité recule. Et parce que ces dégâts réduisent notre capacité à produire demain. C’est un problème de “double peine”. On abîme la nature. Et on fragilise la sécurité alimentaire. Moins d’eau et des sols moins vivants, c’est moins de récoltes. Donc plus de risques de hausse des prix et de pénuries. C’est un problème économique et social. Le rapport rappelle des “coûts cachés”. Il cite une estimation de la FAO pour 2023 : 125 milliards d’euros par an en France. La plus grande part serait liée à la santé. Une autre part importante à l’environnement. C’est aussi un problème d’efficacité. Le gaspillage, c’est de l’énergie, de l’eau, du travail et de l’argent jetés. Et c’est des émissions “pour rien”. Enfin, c’est un problème d’inégalités. Quand les prix montent, beaucoup de ménages baissent la qualité de leur alimentation. Le rapport note que l’inflation 2022-2023 a fait reculer les achats de bio. Et a rendu plus difficile l’achat de fruits et légumes. Or le prix est le premier critère d’achat pour beaucoup de gens. ## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Le rapport dit que les programmes publics actuels ne sont pas assez clairs. Ils ne sont pas assez “volontaristes”. Et ils ne sont pas assez efficaces. Il pointe un problème de méthode. On a beaucoup misé sur les choix individuels. “Mangez mieux”, “bougez plus”. Mais on a moins agi sur ce qui entoure les gens au quotidien. Le rapport appelle cela l’“environnement alimentaire”. C’est ce qui est disponible, visible, promu, et à quel prix. Il montre aussi un problème de coordination. Il existe beaucoup de plans et de stratégies. Santé, environnement, agriculture, biodiversité, pesticides, plastiques. Mais l’ensemble manque de cohérence. Et il y a peu d’actions vraiment opérationnelles centrées sur l’alimentation, au bon endroit, au bon moment. Il souligne un manque de pilotage par les résultats. On mesure mal l’impact réel des actions. On manque d’indicateurs partagés. On manque de données collectées de façon régulière. Donc on ne sait pas assez ce qui marche, où, et pour qui. Il met en avant des blocages sur des sujets sensibles. Exemple : les débats sur le Nutri-score ont ralenti des actions. Le rapport dit qu’il faut avancer plus vite sur ces sujets controversés. Sinon, on retarde des décisions utiles. Il montre aussi que certains leviers puissants sont sous-utilisés. Par exemple : agir sur l’offre. Réduire progressivement sel, sucres, graisses, additifs. D’abord par accords. Puis par règles si ça ne marche pas. Ou utiliser des taxes plus larges sur les sucres ajoutés. Il insiste sur un acteur clé trop peu mobilisé. La grande distribution. Parce qu’elle influence les prix, les promotions, la mise en avant, et la publicité. Il pointe enfin une contradiction concrète. La lutte contre le gaspillage est bonne pour l’environnement. Mais elle a réduit certains invendus donnés à l’aide alimentaire. Cela a fragilisé un système déjà sous tension. Donc une politique peut en déstabiliser une autre si elles ne sont pas pensées ensemble. ## Les conséquences concrètes pour la société ### 1) Des effets visibles sur le climat et les ressources Si on ne change pas, les émissions restent élevées. Et les épisodes de sécheresse pèsent plus sur l’agriculture. Avec des tensions sur l’eau. Et des conflits d’usage plus fréquents. ### 2) Une alimentation plus chère et plus instable Quand la production devient plus difficile, les prix montent. Quand les importations augmentent, on dépend plus de l’extérieur. Le rapport évoque une balance commerciale défavorable pour certains aliments, comme les fruits et légumes. Cela fragilise la souveraineté alimentaire. ### 3) Des inégalités qui se creusent Les ménages modestes arbitrent d’abord sur le prix. Ils achètent plus souvent des produits bon marché. Souvent plus transformés. Souvent moins favorables à la santé. Le rapport relie l’insécurité alimentaire à plus de problèmes de santé. Et rappelle que l’obésité est un marqueur d’inégalités sociales. ### 4) Des coûts collectifs qui augmentent Plus de maladies liées à une mauvaise alimentation. Donc plus de dépenses de santé. Et aussi des coûts environnementaux. Dépollution de l’eau. Réparation des dégâts. Perte de biodiversité. Ce sont des factures payées par la collectivité, tôt ou tard. ### 5) Des tensions sur les choix alimentaires du quotidien Les messages deviennent plus complexes. Manger sain. Manger abordable. Manger avec moins d’impact. Ce n’est pas simple, surtout quand l’offre et les prix ne suivent pas. ### 6) Des changements concrets dans l’offre et les règles Le rapport pousse vers des évolutions qui touchent la vie quotidienne. Plus de produits moins transformés. Moins de gaspillage à la maison et dans les cantines. Plus de bio et d’agroécologie si les soutiens publics sont cohérents. Moins d’emballages plastiques, surtout à usage unique. Plus d’informations utiles sur les produits. Et plus de règles sur la publicité et la composition des aliments, si le volontariat ne suffit pas. ### 7) Un enjeu démocratique local Le rapport met en avant les Projets Alimentaires Territoriaux. Ils couvrent déjà une grande partie du territoire. Ils peuvent relocaliser une part de l’approvisionnement. Ils peuvent aider les cantines à changer. Ils peuvent agir sur l’accès social à une alimentation de qualité. Mais il faut des financements stables. Et une évaluation sérieuse de ce qui marche. Au fond, le rapport dit une chose simple. On ne peut plus traiter l’alimentation seulement comme une affaire de goûts et de choix personnels. C’est un sujet de climat, de nature, de santé, de pouvoir d’achat, et de justice sociale. Et l’action publique doit être plus cohérente, plus mesurée, et plus ferme sur les leviers qui transforment réellement l’offre. Pages sources : 2, 4, 7, 9, 12, 13, 18, 19, 21, 22, 33, 36, 37, 39, 40, 41, 43, 50, 51, 52, 71, 73, 75, 93, 95, 101, 113, 156, 173, 175, 181, 199, 217, 223, 224, 227, 233, 255, 256, 258, 263, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 277, 284, 285, 290, 304, 305, 310, 327, 337, 342, 344, 351, 353, 356, 359, 360, 369 ## Accès à une alimentation digne : précarité alimentaire, territoires, outre- mer et restauration collective **Insécurité alimentaire : une crise durable qui dépasse l’aide d’urgence** **Le problème :** L’insécurité alimentaire progresse rapidement : en 2022, 16 % des personnes déclarent ne pas avoir assez à manger (environ 11 millions) et 45 % sont touchées par une forme d’insécurité alimentaire. Elle ne se limite pas à la faim : elle conduit aussi à manger moins bien, sauter des repas et choisir des produits qui « calent » plutôt que des aliments de qualité. Les inégalités sociales et territoriales aggravent la situation (déserts alimentaires, prix, accès inégal à la cantine), tandis que le modèle dominant d’aide alimentaire en nature (colis, distributions) atteint ses limites et laisse de côté une partie des personnes éligibles. **Pourquoi c’est important :** L’alimentation est un besoin vital et un déterminant majeur de santé : 71 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire déclarent au moins un problème de santé, avec davantage de diabète, maladies cardiovasculaires, obésité et effets sur la santé mentale. La précarité alimentaire s’installe dans la durée, touche aussi des personnes qui travaillent et des étudiants, et creuse les inégalités. Elle a un coût élevé pour la société (dépenses de santé, prévention mal pilotée faute de données) et fragilise la cohésion sociale en faisant de « bien manger » un marqueur social. Les outre-mer cumulent des difficultés plus fortes (prix plus élevés, offre moins diversifiée, obésité plus élevée) et restent insuffisamment intégrés aux politiques nationales. **Ce qui bloque :** * Un modèle centré sur l’urgence et l’aide en nature : accès incomplet (environ une personne éligible sur deux n’y accède pas), non-recours (honte, peur d’être jugé), contraintes pratiques (horaires, files d’attente, distance) et parfois inadéquation culturelle ou matérielle (impossibilité de cuisiner, notamment à l’hôtel social). * Des fragilités opérationnelles et humaines : qualité/logistique des dons (produits proches ou au-delà de la date limite), dépendance aux invendus réduits par la lutte contre le gaspillage, crise du bénévolat, manque de coordination entre associations (doublons et « zones blanches »). * Une action publique insuffisamment pilotée : ciblage imparfait (non-recourants peu visibles), manque de données et d’évaluation, trop de dispositifs peu cohérents, gouvernance nationale faible, solutions locales qui changent rarement d’échelle, PAT aux moyens instables et outre-mer encore trop traité à part. **Conséquences concrètes :** * Dégradation de la santé et hausse de maladies évitables (diabète, hypertension, complications cardiovasculaires, obésité) ainsi que des troubles de santé mentale liés au stress et à l’angoisse du manque, avec des dépenses de santé plus élevées. * Inégalités renforcées : enfants sans repas équilibré garanti (fatigue, concentration, apprentissages), accès inégal à la cantine, « déserts alimentaires » et inflation qui pèsent davantage sur les ménages modestes, rendant l’alimentation une variable d’ajustement. * Fragilisation du lien social et des territoires : sentiment d’injustice et défiance envers les institutions, système d’aide alimentaire sous tension (moins de dons, moins de bénévoles, risque de rupture), projets territoriaux qui retombent faute de financements stables, et écarts métropole/outre-mer qui alimentent un sentiment d’abandon. 🔎 Analyse détaillée (expert) ## Ce que le rapport constate L’insécurité alimentaire augmente vite. En 2022, 16 % des personnes disent ne pas avoir assez à manger. Cela représente environ 11 millions de personnes. Et 45 % des Français sont touchés par une forme d’insécurité alimentaire. Ce n’est pas seulement “avoir faim”. C’est aussi manger moins bien, sauter des repas, ou acheter ce qui cale plutôt que ce qui nourrit. Le rapport montre que la précarité alimentaire touche plus certains groupes. Les femmes sont plus exposées. Les familles monoparentales aussi. Les personnes immigrées sont souvent plus concernées. Et les ménages modestes consacrent une part plus grande de leur budget à l’alimentation. En moyenne 18,3 % contre 14,2 % pour les plus aisés. Donc, quand les prix montent, l’alimentation devient une variable d’ajustement. Le rapport insiste aussi sur les inégalités de territoire. Dans certains endroits, il y a peu de commerces accessibles. Ou peu de choix de produits frais. On parle de “déserts alimentaires”. Cela concerne beaucoup de zones périurbaines et de communes isolées. Donc, même avec de la volonté, bien manger peut être difficile. Il constate ensuite les limites de l’aide alimentaire “en nature”. C’est le modèle des colis, des distributions, des repas. C’est la forme la plus fréquente. Mais elle ne touche pas tout le monde. Environ une personne éligible sur deux n’y accède pas. Beaucoup ne demandent pas. Par honte. Par peur d’être jugé. Ou parce que les horaires, les files d’attente, la distance, découragent. Le rapport décrit aussi des problèmes de qualité et de logistique. Une partie des dons est trop proche de la date limite. Parfois déjà périmée. Cela rend la distribution très compliquée. Et cela peut dégrader la qualité des paniers. Le rapport note aussi que la lutte contre le gaspillage réduit certains invendus. C’est bien pour l’environnement. Mais cela fragilise un système d’aide qui dépendait de ces invendus. Il souligne enfin une fragilité humaine du système. L’aide en nature repose beaucoup sur des bénévoles. Or il y a une crise des vocations. Et il y a parfois trop d’associations sur un même territoire, sans coordination. Cela crée des doublons ici. Et des “zones blanches” ailleurs. Face à ces limites, le rapport met en avant des solutions qui donnent plus de choix. Par exemple des aides sous forme d’argent dédié, de cartes, de chèques. Ou des épiceries solidaires. Ou des groupements d’achat. L’idée est simple : redonner du choix et de la dignité. Et mieux s’adapter aux besoins réels des familles. Mais le rapport dit aussi que ces solutions restent locales. Elles changent rarement d’échelle. Elles sont peu évaluées. Donc on ne sait pas assez ce qui marche vraiment, où, et pour qui. Le rapport insiste sur l’importance d’agir “au bon niveau”, c’est-à-dire dans les territoires. Il met en avant les Projets alimentaires territoriaux (PAT). Ce sont des démarches locales qui rassemblent collectivités, associations, producteurs, parfois écoles et hôpitaux. Il y en a 458 reconnus. Ils couvrent 63 % de la surface agricole. Ils peuvent relocaliser une partie des achats. Créer des circuits courts. Soutenir une agriculture plus durable. Et organiser des actions d’accès social à l’alimentation. Mais il constate que les PAT manquent souvent de moyens stables. Les postes d’animation sont parfois précaires. Et seulement une minorité de PAT est vraiment évaluée. Donc on a une dynamique. Mais fragile. Et difficile à piloter. Le rapport met aussi la restauration collective comme levier majeur. Cantines scolaires, hôpitaux, Ehpad, restaurants administratifs. C’est 3,2 milliards de repas par an. C’est un endroit où l’on peut garantir un repas équilibré. Surtout pour les enfants. Surtout pour les publics “captifs”, qui n’ont pas d’alternative simple. Il rappelle que l’accès à la cantine est très inégal. Selon les territoires. Selon les revenus. Et selon l’organisation locale. Il cite des dispositifs comme “la cantine à 1 €”. Mais il montre aussi que la gratuité pour les familles très modestes n’est pas mise en place. Enfin, le rapport insiste fortement sur les outre-mer. Il constate des inégalités plus fortes qu’en métropole. L’obésité y est plus élevée. 22,4 % des adultes en outre-mer contre 17,9 % en métropole. Et l’écart est encore plus marqué pour les femmes. Il souligne aussi une offre alimentaire souvent moins diversifiée. Et des prix plus élevés. Il note que les politiques nationales prennent encore trop peu en compte ces réalités. Même quand un “volet outre-mer” existe, ce n’est pas suffisant. Le rapport demande que l’outre-mer soit intégré partout, systématiquement. Pas traité à part, en annexe. \--- ## Pourquoi c’est un problème Parce que manger est un besoin de base. Et parce que l’alimentation conditionne la santé. Quand on mange moins bien, on tombe plus souvent malade. Le rapport rappelle que 71 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire déclarent au moins un problème de santé. On y trouve plus de diabète. Plus de maladies cardiovasculaires. Plus d’obésité. Et aussi des effets sur la santé mentale, surtout chez les jeunes adultes. Parce que la précarité alimentaire n’est pas un accident isolé. Elle s’installe. Elle touche des personnes qui travaillent. Des étudiants. Des familles. Et elle peut durer. Elle oblige à des stratégies de survie. Réduire les portions. Sauter des repas. Acheter des produits très bon marché, souvent plus gras, plus sucrés, plus salés. Parce que cela creuse les inégalités. Les personnes qui ont moins de revenus ont moins de marge. Elles subissent plus l’inflation. Elles vivent plus souvent dans des zones mal desservies. Elles ont moins accès à l’information utile. Et elles sont plus exposées à une offre alimentaire de moindre qualité. Parce que cela coûte cher à la société. Le rapport rappelle des coûts très élevés liés au surpoids et à l’obésité. Il cite une estimation de 20 milliards d’euros de coût social (chiffre ancien). Et il souligne qu’on manque de mesures récentes et complètes. Donc on dépense beaucoup en soins. Mais on pilote mal la prévention. Parce que le modèle actuel d’aide en nature peut humilier. Il peut imposer des produits. Il peut ne pas respecter les habitudes culturelles. Il peut être vécu comme une mise à l’écart. Et il laisse de côté beaucoup de personnes qui n’osent pas demander. Parce que certains publics n’ont pas les moyens matériels de cuisiner. Le rapport cite les personnes hébergées à l’hôtel social. Beaucoup d’hôtels sont mal équipés. Donc même avec des produits, cuisiner est difficile. Dans ces cas, l’aide en nature reste indispensable. Mais elle doit être sécurisée et de meilleure qualité. \--- ## Ce que cela révèle des limites actuelles de l’action publique Première limite : on répond surtout par l’urgence. On distribue. On colmate. Mais on transforme peu les causes. Le rapport montre que l’aide alimentaire est devenue la réponse principale. Alors que la précarité alimentaire est massive et durable. Cela ressemble à une politique de “gestion de crise” permanente. Deuxième limite : on cible mal. On ne voit pas assez les “non-recourants”. Ceux qui ont besoin mais ne demandent pas. Or ils peuvent être beaucoup plus nombreux que les bénéficiaires visibles. Le rapport dit même que le programme “Mieux manger pour tous” ne touche que les bénéficiaires de l’aide alimentaire. Donc il peut laisser de côté une grande partie des personnes en difficulté. Troisième limite : on manque de données et d’évaluation. On ne mesure pas assez l’ampleur réelle. On ne suit pas assez les résultats. On ne sait pas bien quelles actions réduisent vraiment la précarité alimentaire. Et on ne sait pas assez ce qui marche dans les outre-mer. Sans mesure, on pilote à l’aveugle. Quatrième limite : trop de dispositifs, pas assez de cohérence. Le rapport pointe des doublons entre programmes nationaux. Des actions proches, répétées, pas toujours lisibles. Et une gouvernance qui ne suit pas. Par exemple, le comité interministériel du PNA ne s’est réuni qu’une fois depuis 2019. Donc la coordination nationale est faible. Cinquième limite : on compte trop sur le volontariat. Pour améliorer l’offre alimentaire, beaucoup d’actions reposent sur des engagements volontaires des industriels ou des distributeurs. Le rapport dit que c’est insuffisant. Et que les mesures “peu contraignantes” changent peu l’environnement alimentaire. Résultat : l’offre reste majoritairement riche en produits gras, salés, sucrés. Et la grande distribution n’est pas assez mobilisée. Sixième limite : les politiques ne sont pas assez territorialisées de façon stable. Les PAT sont une bonne idée. Mais leur financement est fragile. Leur animation dépend de contrats courts. Et l’évaluation est rare. Donc on a des îlots de réussite. Mais pas une couverture solide et durable. Septième limite : l’outre-mer reste trop souvent un “cas particulier”. Le rapport dit qu’il faut l’intégrer partout. Dans les outils de suivi. Dans les actions sur l’offre. Dans la restauration scolaire. Dans les politiques de prix et de qualité. Sinon, on entretient des inégalités structurelles. \--- ## Les conséquences concrètes pour la société Des enfants qui n’ont pas un repas équilibré garanti. Cela joue sur la croissance. La concentration à l’école. La fatigue. Et les apprentissages. La cantine peut compenser. Mais si l’accès est inégal, l’inégalité scolaire augmente. Des adultes qui vivent avec l’angoisse de manquer. Cela abîme la santé mentale. Cela augmente le stress. Cela fragilise la vie familiale. Et cela peut isoler socialement. Plus de maladies évitables. Plus de diabète. Plus d’hypertension. Plus de complications cardiovasculaires. Et plus d’obésité, surtout dans les milieux populaires et certains territoires. Donc plus de dépenses de santé. Et plus de pertes de qualité de vie. Une société où “bien manger” devient un marqueur social. Les plus aisés peuvent choisir. Les autres subissent les prix, l’offre locale, et le marketing. Cela crée un sentiment d’injustice. Et une défiance envers les institutions. Un système d’aide alimentaire sous tension permanente. Moins de dons. Des produits plus difficiles à distribuer. Moins de bénévoles. Plus de demande. Donc un risque de rupture. Et une dépendance à des solutions instables. Des territoires qui se découragent. Quand un PAT fonctionne, il peut créer du lien. Entre producteurs, cantines, associations, habitants. Mais si les financements s’arrêtent, tout retombe. On perd des compétences. On perd du temps. Et on recommence ailleurs. Des inégalités renforcées entre métropole et outre-mer. Avec des prix plus élevés. Une offre moins favorable. Et des indicateurs de santé plus mauvais. Cela alimente un sentiment d’abandon. Et cela pèse sur les services de santé locaux. Au final, le rapport pousse une idée simple. Garantir une alimentation digne ne peut pas reposer seulement sur des colis et des dons. Il faut aussi donner du choix. Organiser l’action au niveau des territoires. Utiliser la restauration collective comme filet de sécurité. Et intégrer l’outre-mer dans toutes les décisions, tout le temps. Pages sources : 2, 6, 9, 10, 11, 15, 18, 23, 29, 30, 31, 33, 34, 35, 40, 41, 47, 48, 50, 51, 52, 55, 63, 65, 69, 70, 71, 72, 78, 79, 80, 81, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 100, 101, 106, 107, 108, 109, 111, 112, 113, 115, 118, 121, 122, 125, 126, 135, 142, 146, 154, 155, 161, 163, 164, 165, 167, 168, 169, 171, 172, 174, 175, 176, 178, 179, 183, 187, 189, 191, 198, 213, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 237, 239, 241, 242, 250, 253, 256, 257, 261, 262, 265, 272, 275, 276, 277, 278, 279, 281, 282, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 290, 291, 292, 293, 295, 300, 301, 302, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 334, 335, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 364, 365, 366, 369 ## Acronymes * **SNANC** : Stratégie nationale alimentation–nutrition–climat, censée donner un cap unique qui coordonne les politiques publiques de l’alimentation, de la santé et du climat. * **PNA** : Programme national pour l’alimentation, qui organise les actions publiques sur l’alimentation au sens large (offre, accès, qualité, territoires). * **PNNS** : Programme national nutrition santé, qui fixe et pilote les actions de santé publique liées à la nutrition (repères, prévention, information). * **PAT** : Projets alimentaires territoriaux, démarches locales qui rassemblent des acteurs d’un territoire pour améliorer l’alimentation (circuits courts, cantines, accès social) de façon coordonnée. * **INCA** : Enquête nationale sur les consommations alimentaires, une grande étude qui mesure ce que mangent les Français pour suivre l’évolution des habitudes et des risques. * **NOVA** : Classification qui classe les aliments selon leur degré de transformation, souvent utilisée pour parler des aliments ultra-transformés mais jugée contestée dans le rapport.